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Byambwe : reprise des soins de santé primaire après l’attaque ADF

Plus d’un mois après une attaque meurtrière, le centre de santé de référence de Byambwe a finalement rouvert ses portes ce vendredi 2 janvier 2026. Situé dans la zone de santé de Biena, au territoire de Lubero dans le Nord-Kivu, cette structure est un pilier essentiel pour la santé primaire Lubero. Sa réouverture, bien que prudente, offre un rayon d’espoir à une population prise au piège de l’insécurité.

Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, le cauchemar a frappé le centre santé Byambwe. Des combattants présumés des Allied Democratic Forces (ADF) ont lancé une attaque violente, tuant au moins 13 patients sous traitement et emportant d’importantes quantités d’intrants médicaux. Cette tragédie a forcé une décision déchirante : la suspension immédiate de toutes les activités. Comment continuer à soigner lorsque le sanctuaire de la santé devient lui-même une cible ? L’arrêt des services fut un mécanisme de survie, une mesure extrême pour préserver la sécurité du personnel médical RDC et des malades restants.

La route vers la reprise soins santé Biena n’a pas été simple. Elle a nécessité près d’une semaine de travaux préparatoires intensifs. Les agents de la zone de santé ont procédé à la décontamination minutieuse des locaux et du matériel. La population locale, démontrant une résilience remarquable, a appuyé l’assainissement de la cour. Enfin, dans un geste porteur de symbolisme et de réconfort, le curé de la paroisse catholique de Byambwe a béni les installations. Cet ensemble d’actions visait à restaurer plus que des murs ; il s’agissait de redonner une âme à un lieu traumatisé et de garantir des conditions sanitaires acceptables.

« Nous pensons que la réouverture de ce centre de santé permettra aux quelques habitants restés dans la région d’accéder aux soins de santé primaires », explique le Dr Josyline Nzenze Mutsombirwa, médecin au sein de l’établissement. Son témoignage souligne l’urgence de la situation : une majorité de civils, par manque d’alternatives, est restée sur place malgré les violences. La réouverture répond donc à un besoin vital et immédiat. Cependant, l’optimisme est tempéré par une anxiété palpable. « Toutefois, nous craignons que la reprise de ces activités soit interrompue ou bloquée par des rumeurs persistantes et par l’insécurité qui continue de régner dans le secteur de Bapere », ajoute-t-elle.

Cette crainte n’est pas abstraite. Le spectre d’une nouvelle attaque ADF Nord-Kivu plane toujours. Des rumeurs d’incursions possibles dans le secteur voisin de Bapere entretiennent un climat de peur qui pourrait, à tout moment, contraindre à une nouvelle fermeture. L’insécurité personnel médical RDC reste une préoccupation majeure. Les agents de santé, en première ligne, travaillent avec la menace en toile de fond, un stress permanent qui affecte leur moral et pourrait, à la longue, compromettre la qualité des soins. Peut-on véritablement se concentrer sur un diagnostic lorsque l’oreille est tendue vers les bruits extérieurs ?

Face à cette précarité, l’appel est unanime : une implication accrue des autorités civiles et militaires est impérative. La sécurisation pérenne des structures sanitaires et de leurs abords doit devenir une priorité absolue. Il ne s’agit pas seulement de déployer des forces, mais d’établir une présence rassurante et continue qui permette à la vie, et aux soins, de reprendre leur cours normal. La communauté internationale et les acteurs humanitaires ont également un rôle à jouer pour soutenir cette fragile reconstruction.

La réouverture du centre de Byambwe est une victoire modeste mais significative. Elle démontre la ténacité du personnel soignant et la soif de normalité d’une population éprouvée. Elle rappelle que l’accès aux soins de santé primaire est un droit fondamental, même – et surtout – en temps de crise. Pourtant, cette lueur d’espoir reste fragile, suspendue à la stabilisation d’une sécurité qui, dans l’est de la RDC, se fait trop souvent attendre. L’avenir de ce centre, et de bien d’autres, dépendra de la capacité collective à protéger ces oasis de santé en plein désert de violence.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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