Alors que le reste de la République Démocratique du Congo a repris le chemin de l’école depuis le 6 janvier, à Uvira, dans le Sud-Kivu, les salles de classe restent désespérément vides. La raison ? Une insécurité persistante due à la présence des rebelles de l’AFC/M23, qui ont pris le contrôle de la ville et des environs. Les parents, craignant pour la sécurité de leurs enfants, refusent de les envoyer à l’école, tandis que les enseignants ont, pour beaucoup, trouvé refuge au Burundi. Cette situation critique met en lumière l’impact dévastateur des conflits armés sur l’éducation, pilier essentiel du développement.
En effet, la fermeture des écoles à Uvira n’est pas une simple mesure de précaution, mais une conséquence directe de l’offensive militaire qui a secoué la région. Les rebelles de l’AFC/M23 sont toujours présents dans la ville, empêchant toute reconquête par les forces loyalistes. Ainsi, l’insécurité au Sud-Kivu en RDC paralyse non seulement la vie quotidienne, mais aussi l’avenir des jeunes générations. Comment imaginer, dans un tel contexte, que les enfants puissent étudier en paix ?
Les témoignages des parents sont éloquents. “La sécurité n’est toujours pas garantie. J’ai difficile d’envoyer les enfants à l’école”, confie une mère de famille, reflétant l’angoisse de nombreux foyers. Un autre parent ajoute : “Jusqu’à ce vendredi, les cours n’ont pas encore repris dans les écoles d’Uvira”. Cette prudence est partagée par des mouvements citoyens locaux, qui appellent explicitement à ne pas envoyer les enfants à l’école tant que la paix n’est pas rétablie. “Nous avons lancé un appel pour que les parents n’envoient pas leurs enfants à l’école jusqu’à ce que la paix revienne”, indique un militant en déplacement.
Le conflit AFC/M23 et l’éducation sont ainsi tragiquement liés. Les affrontements récurrents le long de la RN5 ont déjà empêché les élèves de terminer la deuxième période scolaire et de passer leurs examens. Cela perturbe gravement le calendrier scolaire national, créant un retard difficile à combler. Pire encore, de nombreux élèves et leurs familles ont fui Uvira, se réfugiant au Burundi, en Tanzanie ou dans la province du Tanganyika. L’exode est tel que, selon une source, 70% des enseignants ont quitté la région pour se rendre au Burundi comme réfugiés. Cette fuite des enseignants aggrave encore la crise éducative.
Mais au-delà des chiffres, c’est le quotidien des enfants qui est bouleversé. Privés de leur droit fondamental à l’éducation, ils voient leurs perspectives d’avenir s’assombrir. Quel sera l’impact à long terme de cette interruption scolaire ? Comment ces jeunes pourront-ils rattraper les mois d’apprentissage perdus ? Les autorités éducatives doivent faire face à un défi immense : comment assurer la continuité pédagogique dans une zone en guerre ?
La perturbation du calendrier scolaire n’est que la partie visible de l’iceberg. En réalité, c’est toute une génération qui risque d’être sacrifiée sur l’autel de l’insécurité. Les écoles, qui devraient être des sanctuaires d’apprentissage, sont devenues des symboles de vulnérabilité. La communauté internationale et les acteurs locaux doivent prendre conscience de l’urgence à rétablir la paix, non seulement pour la sécurité physique des populations, mais aussi pour leur développement intellectuel et social.
En conclusion, la fermeture des écoles à Uvira est un signal d’alarme criant. L’insécurité au Sud-Kivu en RDC, alimentée par le conflit AFC/M23, vole aux enfants leur éducation et compromet l’avenir de la région. Il est impératif que toutes les parties prenantes œuvrent pour un retour à la paix, permettant ainsi la réouverture des établissements scolaires et le retour des enseignants réfugiés au Burundi. Sans cela, le retard scolaire ne fera que s’accroître, avec des conséquences désastreuses pour le développement du pays.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
