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Camps de transit au Burundi : l’angoisse des réfugiés congolais fuyant la guerre du M23

Le témoignage est glaçant, à l’image de leur quotidien. Mapenzi Manyebwa, porte-parole des réfugiés, décrit une fête du Nouvel An passée dans l’angoisse et la détresse. « La plupart n’ont pas eu les moyens d’acheter à leurs enfants des habits ou des objets pour la fête », confie-t-il, la voix empreinte d’une lassitude profonde. Cette scène se répète dans les camps de transit de Rugombo, Rumonge et Gatumba, au Burundi, où des milliers de Congolais ayant fui l’avancée des combattants du M23 dans les territoires d’Uvira et de Fizi tentent de survivre. Accueillis depuis le 10 décembre dernier, leur existence se résume à une attente précaire, rythmée par le manque et l’incertitude.

Les conditions de vie dénoncées sont alarmantes. « Nous vivons dans des conditions difficiles sur le plan hygiénique, et beaucoup manquent de nourriture », alerte Mapenzi Manyebwa. Comment, en effet, envisager un avenir lorsque les besoins les plus élémentaires ne sont pas assurés ? L’assistance organisée se fait attendre, se limitant pour l’instant à quelques gestes ponctuels de particuliers, bien insuffisants face à l’ampleur des besoins. Cette situation pose une question cruciale : quelle est la responsabilité de la communauté internationale face à la détresse de ces réfugiés congolais Burundi dont l’exode a été provoqué par la recrudescence des violences dans l’Est de la RDC ?

Le contexte de leur fuite est la clé pour comprendre leur vulnérabilité. Ces familles ont tout abandonné pour échapper à la guerre M23 Sud-Kivu, un conflit qui continue de déchirer la région et de jeter sur les routes des milliers de civils pris entre deux feux. Leur arrivée au Burundi était censée marquer la fin de la peur immédiate, mais elle n’a souvent été que le début d’une autre épreuve, celle de la survie dans des installations surpeuplées et sous-équipées. La promesse d’une protection se heurte à la dure réalité des conditions précaires réfugiés.

Face à cette urgence humanitaire, le HCR Burundi relocalisation des familles vers un site plus pérenne dans la province de Ruhigi, à une soixantaine de kilomètres au nord de Bujumbura. Cette opération, bien que nécessaire, suscite aussi des craintes parmi les réfugiés. Seront-ils mieux lotis ? La relocalisation s’accompagnera-t-elle enfin d’une assistance conséquente et durable ? Pour l’instant, le souvenir du dernier réveillon reste ancré dans les mémoires comme un symbole de leur dénuement. « C’est dans cette souffrance et ce stress que la majorité des réfugiés congolais ont passé cette fête », rappelle leur représentant, soulignant le fossé entre les célébrations du monde et leur propre réalité.

Au-delà des statistiques et des opérations logistiques, c’est la dignité humaine qui est en jeu dans ces camps de transit Rugombo et ailleurs. La résilience dont font preuve ces familles, remerciant Dieu « d’avoir permis de commencer une nouvelle année malgré la précarité » selon les mots de Mapenzi Manyebwa, est remarquable. Mais elle ne doit pas servir d’excuse à l’inaction. La crise qui sévit dans l’Est de la RDC produit des vagues de déplacés dont les pays voisins, comme le Burundi, portent souvent le poids, parfois sans les moyens nécessaires.

La situation des réfugiés congolais au Burundi est un miroir grossissant des défis humanitaires régionaux. Elle interroge sur l’efficacité des mécanismes de protection et sur la solidarité concrète envers les victimes civiles des conflits. Tant que la racine du mal, l’instabilité dans le Sud-Kivu, ne sera pas traitée, les camps de transit continueront de se remplir. En attendant, des milliers de vies sont suspendues, entre l’espoir ténu d’une vie meilleure et la dure loi de la survie quotidienne. Leur sort dépend désormais de la capacité des acteurs humanitaires et politiques à transformer la relocalisation en une véritable chance de reconstruire, et non en un simple déplacement de la précarité.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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