Le centre de santé de Kalinga, situé dans la zone de santé de Pinga en territoire de Walikale, fait face à une rupture de stocks de médicaments qui dure depuis six mois, créant une situation humanitaire alarmante dans cette région du Nord-Kivu. Cette pénurie médicamenteuse persistante compromet gravement la prise en charge des patients dans une zone déjà fragilisée par les conflits et les déplacements de population.
Comment une structure sanitaire peut-elle fonctionner sans les médicaments essentiels ? Cette question se pose avec acuité à Kalinga, où le comité local de santé, présidé par Kitsa Nyakira Bosco, a tiré la sonnette d’alarme. Dans une correspondance officielle adressée au médecin chef de zone de santé de Pinga, le responsable local a décrit une situation qui empire de jour en jour, particulièrement préoccupante pour les populations déplacées.
La crise sanitaire au Nord-Kivu prend une dimension particulièrement dramatique à Kalinga, où affluent des centaines de déplacés venant des villages des localités Balinda et Banakindi. Ces populations, fuyant l’insécurité, se retrouvent concentrées dans ce village sécurisé par les FARDC, mais doivent faire face à une nouvelle menace : l’impossibilité de se soigner correctement.
Les pathologies les plus fréquemment enregistrées dans ce contexte de précarité sont le paludisme et les maladies diarrhéiques. Sans médicaments appropriés, ces affections, pourtant traitables, deviennent potentiellement mortelles, surtout pour les personnes les plus vulnérables. « Les enfants et les femmes enceintes paient le plus lourd tribut dans cette situation d’urgence médicale », rapporte Kitsa Nyakira Bosco, dont l’appel à l’aide résonne comme une ultime tentative pour sauver des vies.
Mais pourquoi cette rupture de stocks médicaments à Pinga persiste-t-elle depuis si longtemps ? Le médecin chef de zone de santé de Pinga, le Dr Théophile Mukandirwa, reconnaît l’ampleur du problème et explique que cette situation critique ne touche pas seulement Kalinga, mais toute la zone de santé dont il a la responsabilité. « L’instabilité sécuritaire dans cette partie du Nord-Kivu reste la cause principale du blocage du déploiement des médicaments dans les différentes aires de santé », précise-t-il.
Cette crise sanitaire Nord-Kivu illustre le cercle vicieux dans lequel sont piégées les populations de l’est de la RDC : l’insécurité empêche l’accès aux soins, et l’absence de soins aggrave la vulnérabilité des communautés. Les partenaires humanitaires peinent à atteindre les zones de santé les plus reculées, créant des poches de détresse médicale comme celle que vit actuellement le centre santé Kalinga.
Face à cette urgence, quelles solutions envisager ? Le Dr Mukandirwa assure que des démarches sont en cours pour appuyer les structures sanitaires en difficulté. Cependant, le temps presse pour les déplacés Walikale qui, après avoir fui les violences, se retrouvent confrontés à la menace silencieuse mais tout aussi mortelle des maladies. Le paludisme diarrhée Nord-Kivu constituent en effet un duo meurtrier dans un contexte de privation médicale.
La situation à Kalinga soulève une question fondamentale : jusqu’à quand les populations civiles devront-elles payer le prix de l’insécurité dans l’est de la RDC ? Alors que les besoins humanitaires augmentent, l’accès aux soins de santé primaire se réduit comme peau de chagrin, créant une bombe à retardement sanitaire dont les conséquences pourraient être désastreuses si une réponse urgente n’est pas apportée.
En attendant, le personnel soignant de Kalinga continue de travailler dans des conditions extrêmement difficiles, tentant de soulager les patients avec les moyens du bord, tandis que les appels à l’aide se multiplient pour un approvisionnement urgent en médicaments essentiels. La course contre la montre est engagée pour éviter que cette crise sanitaire locale ne se transforme en catastrophe humanitaire majeure.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
