Les usagers de la route Bukavu-Walungu subissent des pressions financières insoutenables. Des taxes illégales variant entre 100 et 150 dollars américains sont exigées par les rebelles de l’AFC-M23 pour chaque camion de marchandises transitant par cet axe vital du Sud-Kivu. Cette pratique systématique plonge les transporteurs dans une précarité alarmante.
Selon de multiples témoignages recueillis sur le terrain, ces prélèvements forcés s’effectuent sous la menace des armes. Les chauffeurs rapportent des contrôles arbitraires établis à différents points stratégiques du trajet. Comment les acteurs économiques peuvent-ils survivre à une telle prédation organisée ? Cette question hante les professionnels du transport confrontés quotidiennement à ces exactions.
La députée provinciale Béatrice Nanvano, élue de Walungu, confirme la gravité de la situation. Elle désigne spécifiquement le poste de Mushweshe comme épicentre de ces tracasseries. « Des méthodes intimidatoires sont employées contre les transporteurs », dénonce-t-elle. Son témoignage audio, consultable en ligne, apporte un éclairage supplémentaire sur cette crise des taxes rebelles qui paralyse le Sud-Kivu.
L’insécurité transport RDC atteint ici des niveaux critiques. Les conséquences économiques sont immédiates : renchérissement des produits de première nécessité, augmentation des coûts logistiques, et raréfaction des denrées alimentaires dans les zones reculées. Cette spirale infernale frappe de plein fouet des populations déjà vulnérables.
La crise humanitaire dans l’Est-Congo s’en trouve dramatiquement aggravée. Les habitants de Walungu et alentours voient leurs conditions de vie se dégrader inexorablement. L’accès aux soins et à l’éducation se complique davantage, tandis que les activités agricoles et commerciales périclitent. Jusqu’où ira cette pression insupportable sur les civils ?
Les AFC-M23 tracasseries s’inscrivent dans un schéma plus large d’instabilité régionale. Ces groupes armés profitent de l’enclavement de certains territoires pour imposer leur loi. La route Bukavu-Walungu symbolise leur emprise sur les voies de communication stratégiques. Une emprise qui alimente directement leur économie de guerre.
Les autorités provinciales semblent impuissantes face à cette situation. Aucune opération de sécurisation n’a été signalée récemment pour mettre fin à ces extorsions. L’absence de l’État sur cet axe routier laisse le champ libre aux exactions des milices. Quand interviendra une réponse concrète pour protéger les citoyens et relancer l’économie locale ?
Cette réalité soulève des interrogations cruciales sur la gouvernance sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les taxes rebelles au Sud-Kivu ne constituent pas un phénomène isolé, mais le symptôme d’une fragmentation territoriale préoccupante. La communauté humanitaire redoute une détérioration accrue des conditions de vie si aucune mesure n’est prise urgemment.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
