Dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, l’aire de santé de Mushebere, rattachée à la zone de Birambizo, sombre dans une crise sanitaire sans précédent. Privée de ressources essentielles, cette structure médicale ne parvient plus à offrir des soins de base à une population déjà vulnérable, prise en étau entre précarité économique et insécurité persistante.
« Nous naviguons à vue, comme un navire sans gouvernail », confie Ahadi Uwihoreye Pitié, infirmier titulaire du centre santé Birambizo. « L’absence totale d’intrants et de médicaments vitaux nous réduit à l’impuissance. Même le paracétamol devient une denrée rare. Comment traiter le paludisme, les infections respiratoires ou les complications de grossesse dans ces conditions ? » Cette pénurie médicaments Nord-Kivu transforme chaque consultation en parcours du combattant.
Les conséquences sont immédiates et dramatiques. Privés de soins locaux, les patients graves doivent entreprendre un périlleux transfert patients Mwesso, vers l’hôpital du territoire voisin de Masisi. Un voyage de plusieurs heures sur des routes dangereuses, avec des coûts de transport exorbitants pour des familles démunies. « Imaginez une mère devant porter son enfant fiévreux sur 40 km, sans garantie de trouver un lit disponible à l’arrivée », interroge l’infirmier. Cette situation crée une urgence médicale Rutshuru silencieuse mais mortelle.
Les risques sanitaires s’amplifient chaque jour : retard de prise en charge des maladies infectieuses, complications évitables de la malnutrition, ou augmentation de la mortalité infantile. Dans cette région instable, où les déplacements sont déjà périlleux, l’accès aux soins devient un mirage. Combien de vies faudra-t-il perdre avant une intervention coordonnée ?
Face à cette détresse, les appels lancés aux autorités sanitaires et partenaires internationaux restent sans écho. Pourtant, des solutions existent : réapprovisionnement urgent en kits de soins primaires, déploiement mobile d’équipes médicales, ou subvention des évacuations sanitaires. La résilience des communautés ne suffit plus ; une action immédiate est indispensable pour éviter l’irréparable.
En attendant, le centre santé Birambizo symbolise un système à bout de souffle. Comme le souligne un habitant anonyme : « Ici, la maladie est devenue une condamnation. » Cette crise rappelle cruellement que la santé n’est pas un privilège, mais un droit fondamental qui s’effrite dans l’indifférence.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
