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Opérations M23 à Goma : Arrestations massives et tensions communautaires au stade de l’Unité

Une opération d’envergure menée par les services de sécurité du M23 a secoué Goma ce mardi 13 mai 2025. Plus de 60 militaires présumés des FARDC, une vingtaine de combattants Wazalendo et des individus accusés de crimes ont été exposés au stade de l’Unité. Ces interpellations, réalisées lors de bouclages ciblés dans les quartiers nord de la ville, notamment à Kilijiwe et Turunga, soulèvent des questions brûlantes sur les méthodes employées.

Dès l’aube, des militaires lourdement armés ont quadrillé les zones concernées. Les témoignages concordent : les arrestations ont été rapides, parfois violentes. Les personnes appréhendées ont d’abord été regroupées au stade Don Bosco avant d’être transférées vers le stade de l’Unité. Comment ces opérations affectent-elles la confiance de la population envers les forces présentes ? La réponse se lit dans les rues : mécontentement et craintes dominent.

Parmi les détenus, certains profils ont retenu l’attention. Des militaires âgés et des mineurs auraient été libérés, selon des sources locales. Deux soldats vétérans auraient même reçu l’autorisation de retourner dans leur province d’origine. Une décision qui interroge : s’agit-il d’un geste d’apaisement ou d’une manœuvre médiatique ?

Le M23 a par ailleurs annoncé que 50 jeunes – présentés comme des « volontaires » – auraient choisi de rejoindre leurs rangs. Parmi eux, des adolescentes et adolescents mineurs, rapidement séparés du groupe principal et renvoyés dans leurs foyers. Ces recrutements, volontaires ou contraints, alimentent les spéculations sur les stratégies de l’organisation.

La situation prend une dimension régionale avec le sort des 182 ressortissants rwandais interpellés lundi. Remis au HCR, leur rapatriement imminent vers Kigali illustre les tensions transfrontalières persistantes. Quelles implications cette affaire aura-t-elle sur les relations déjà tendues entre la RDC et le Rwanda ?

L’angoisse des familles perce dans chaque quartier. « Personne n’ose parler ouvertement », confie un habitant sous couvert d’anonymat. La peur des représailles du M23 étouffe les voix critiques. Plusieurs groupes d’arrêtés lors du week-end ont déjà été transférés vers le centre de Rumangabo, un lieu dont la simple évocation glace le sang.

Derrière les chiffres – 16 présumés criminels, des libérations partielles – se cache une réalité complexe. Ces bouclages massifs renforcent-ils réellement la sécurité ou alimentent-ils un cycle de méfiance ? Alors que Goma retient son souffle, les opérations du M23 dans le Nord-Kivu continuent de redessiner les équilibres fragiles de la région.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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