Dans une région meurtrie par des années de conflits armés, la santé mentale émerge comme un enjeu crucial pour la reconstruction sociale. La Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a initié une formation inédite à Beni, ciblant spécifiquement les défenseuses des droits humains. L’objectif ? Leur fournir des outils concrets pour gérer l’impact psychologique des crises répétées tout en renforçant leur rôle d’actrices du changement.
Un bouclier contre les traumatismes invisibles
Vingt activistes ont appris à décrypter les signaux d’alerte du stress post-traumatique – insomnies persistantes, flashbacks invalidants ou hypervigilance constante. « Comment prétendre accompagner les victimes si nous-mêmes croulons sous le poids émotionnel ? », interroge une participante sous couvert d’anonymat. Les formatrices ont insisté sur l’analogie entre santé mentale et réservoir d’énergie : « Quand le niveau est critique, même les meilleures intentions ne suffisent plus ».
Des techniques adaptées au terrain
Au-delà des théories, le module pratique a enseigné des exercices de respiration synchronisée et de visualisation positive. Des méthodes rapidement applicables sur le terrain, comme en témoigne Patience Sivasimire : « Maintenant, quand une survivante de violences nous raconte son calvaire, nous savons comment éviter la contamination traumatique ». Les statistiques présentées font froid dans le dos : 68% des habitantes du Nord-Kivu présenteraient des symptômes anxio-dépressifs selon une récente étude de l’Université de Goma.
Un investissement pour la paix durable
Les organisateurs rappellent une évidence trop souvent ignorée : la reconstruction psychologique précède la stabilité sociale. « Une communauté ne peut bâtir la paix si ses membres sont prisonniers de leurs blessures invisibles », explique un formateur. Le programme inclut désormais un suivi mensuel par téléphone portable, innovation cruciale dans cette zone où les déplacements restent périlleux.
Vague d’espoir dans l’est du Congo
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de résilience collective. Les participantes s’engagent à former à leur tour dix collègues dans leurs organisations respectives. Un effet boule de neige qui pourrait toucher 200 nouvelles personnes d’ici six mois. La prochaine étape ? Impliquer les leaders masculins pour briser les tabous entourant les consultations psychologiques.
Conseils pratiques :
– Pratiquer 10 minutes de cohérence cardiaque quotidienne
– Identifier trois « alliés bienveillants » dans son entourage professionnel
– Consacrer 2% du budget des organisations humanitaires à la prise en charge psychosociale
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net