La situation critique de l’axe routier Butembo-Manguredjipa, long de 100 km, continue de susciter l’indignation de la société civile du secteur de Bapère. Ce jeudi 3 avril, les responsables locaux ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face au délabrement avancé de cette voie de communication essentielle pour la région.
Les observations rapportées font état d’un tableau peu reluisant : nids-de-poule généralisés, caniveaux obstrués et risques accrus d’inondation en cette période de saison pluvieuse. Un constat alarmant qui interpelle tant les autorités locales que les usagers quotidiens de cette route.
Samuel Kagheni, président de la société civile locale, ne mâche pas ses mots pour dénoncer cette situation. « Cela fait plus de huit mois que la route n’a pas été entretenue », souligne-t-il avec amertume. Plus grave encore, cette négligence persiste alors qu’un attributaire a été officiellement désigné pour assurer la maintenance de cette infrastructure.
Comment expliquer qu’une route aussi stratégique pour l’économie de la région soit laissée dans un tel état de délabrement ? La question mérite d’être posée alors que les usagers continuent de payer des redevances sans voir la moindre amélioration concrète sur le terrain. Les promesses d’entretien formulées depuis janvier sont restées lettre morte, selon les déclarations de la société civile.
Face à cette situation intenable, les représentants de la société civile interpellent directement l’attributaire officiel. « Nous demandons un entretien immédiat, conforme aux engagements pris en début d’année », insiste Samuel Kagheni. Un cri du cœur qui traduit l’exaspération grandissante des populations locales face à ce qui ressemble de plus en plus à une négligence coupable.
Contactée pour réagir à ces accusations, la société des Services Vihumbira, chargée de l’entretien de cette route, a promis de se prononcer sur la question dans les jours à venir. Une déclaration qui laisse sceptiques de nombreux observateurs, habitués à ce genre de promesses sans suite concrète.
Cette situation pose avec acuité la question plus large de la gestion des infrastructures routières en RDC, particulièrement dans les régions éloignées des grands centres urbains. Alors que le gouvernement affiche régulièrement sa volonté d’améliorer le réseau routier national, des cas comme celui de l’axe Butembo-Manguredjipa viennent rappeler cruellement le décalage entre les discours et la réalité sur le terrain.
Entre problèmes de gouvernance, mauvaise gestion des fonds alloués et manque de suivi des engagements pris, le dossier de l’entretien routier en RDC semble piégé dans un cercle vicieux dont les premières victimes sont toujours les populations locales. Combien de temps encore faudra-t-il attendre avant de voir une amélioration tangible de la situation ? La question reste ouverte, mais la patience des usagers, elle, semble avoir atteint ses limites.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
