La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) rejette l’idée d’une médiation du dialogue national par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Son coordonnateur national, Jonas Tshiombela, a réaffirmé cette position, estimant que les confessions religieuses sont devenues des acteurs du conflit politique en République démocratique du Congo.
Un refus fondé sur la perte d’impartialité
Pour la NSCC, les Églises catholique et protestante ne présentent plus les garanties de neutralité requises pour faciliter un dialogue politique. Jonas Tshiombela considère que leurs prises de position répétées sur les questions électorales et sécuritaires les ont transformées en « parties prenantes au conflit ». L’organisation estime qu’on ne peut pas être à la fois joueur et arbitre, et qu’attendre une neutralité parfaite de structures religieuses déjà engagées dans le débat républicain relèverait d’un aveuglement politique.
Cette position de la NSCC intervient alors que plusieurs forces politiques plaident pour confier la médiation au tandem CENCO-ECC. Le rejet de cette option par la société civile souligne une fracture dans la perception du rôle des institutions religieuses dans la résolution des crises politiques congolaises.
Un dialogue ancré dans les institutions républicaines
La Nouvelle Société civile congolaise préconise un retour à l’ordre constitutionnel. Le dialogue doit se tenir au sein des institutions démocratiquement établies, et non dans un cadre extra-institutionnel. La recherche d’un consensus face aux défis sécuritaires et d’intégrité territoriale ne doit pas servir de prétexte à un nouvel arrangement de partage du pouvoir. L’expertise des Églises ou d’autres acteurs de la société civile peut être sollicitée à titre consultatif ou technique, mais sans leur confier le pilotage direct de la médiation.
Jonas Tshiombela insiste sur la nécessité de respecter les mécanismes légaux et démocratiques. Pour la NSCC, le dialogue national doit être un processus inclusif mais institutionnel, garantissant la souveraineté nationale et la sécurité aux frontières sans affaiblir les structures de l’État.
Éviter le piège des dialogues de partage
La NSCC rejette le modèle des négociations du type centre interdiocésain de décembre 2016 ou des médiations extra-institutionnelles. Jonas Tshiombela met en garde contre la tentation de transformer cette concertation en un marché d’attribution de postes politiques. Il appelle à exploiter les mécanismes légaux et démocratiques pour redonner la parole au peuple, garantir la sécurité aux frontières et préserver la souveraineté nationale sans affaiblir les structures de l’État.
Cette mise en garde vise à éviter que le dialogue ne devienne un simple partage du pouvoir entre élites politiques, au détriment des aspirations populaires et de la stabilité institutionnelle. La NSCC privilégie une approche qui renforce les institutions républicaines et répond aux défis sécuritaires du pays.
A lire aussi : Dialogue national : la Nouvelle Génération Congolaise exige sa place ; Dialogue national : la Société civile salue les clarifications de Tshisekedi
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
