La convocation du Dialogue national par le président Félix Tshisekedi suscite une réaction immédiate de la Nouvelle Génération Congolaise (NGC). Cette plateforme de jeunes, lors d’un point de presse tenu ce samedi à Kinshasa, a pris acte de l’annonce tout en posant une condition claire : la jeunesse doit occuper une place réelle dans les discussions et les décisions. Pour la NGC, la cohésion nationale est une condition essentielle pour affronter les défis sécuritaires, politiques et socio-économiques du pays.
Un dialogue attendu, mais pas un simple rendez-vous politique
La NGC affirme avoir défendu depuis plusieurs mois l’idée d’un dialogue comme une nécessité nationale, et non comme une faveur accordée à une famille politique. « Nous prenons acte de cette convocation. Nous nous en réjouissons d’autant plus que, depuis plusieurs mois, nous avons été parmi les premiers cadres à poser publiquement un diagnostic sans complaisance : la crise que traverse notre pays […] ne pourra être vaincue durablement sans cohésion nationale », souligne la plateforme. Cette position traduit une volonté de dépasser les clivages partisans pour inscrire le processus dans une logique de refondation.
La jeunesse, force démographique et acteur politique
Pour la Nouvelle Génération Congolaise, le Dialogue national ne doit pas se limiter aux acteurs politiques traditionnels. Elle réclame une participation effective de la jeunesse, considérée comme l’une des principales forces démographiques du pays, mais aussi comme l’une des premières victimes des crises successives. La plateforme dénonce le chômage, la précarité et la faible représentation des jeunes dans les espaces de décision. « La jeunesse congolaise n’est plus disposée à être simplement votre électorat, votre foule, votre réserve de mobilisation ou votre instrument de combat politique. Nous voulons être des citoyens à part entière », a déclaré Mukenge Totoro, initiateur de cette plateforme.
Une jeunesse instrumentalisée, une responsabilité à partager
La NGC dénonce également l’utilisation récurrente des jeunes dans les conflits armés, les manifestations et les mobilisations politiques. « Lorsqu’il faut faire la guerre, on trouve des jeunes. Lorsqu’il faut recruter dans les rébellions, on trouve des jeunes. Lorsqu’il faut organiser des manifestations, on mobilise des jeunes. Mais lorsqu’il faut partager les responsabilités, les opportunités et les fruits de la République, la jeunesse est trop souvent reléguée au second plan », déplore-t-elle. Pour cette organisation, l’une des réponses aux crises passe par une jeunesse mieux éduquée, employée, responsabilisée et impliquée dans la construction du pays.
Un appel à l’unité et à la responsabilité collective
La Nouvelle Génération Congolaise invite le président de la République à tenir compte des préoccupations exprimées par l’opposition sur les modalités du Dialogue afin de renforcer la confiance autour du processus. Elle appelle également l’opposition à dépasser les calculs partisans, la société civile à préserver son indépendance et les confessions religieuses à jouer pleinement leur rôle d’autorité morale. À la jeunesse congolaise, la NGC lance un appel à l’organisation et à l’unité afin de définir une vision commune du pays et de défendre ses priorités dans les prochaines assises nationales. « La Nouvelle Génération Congolaise ne doit être ni dans le camp de la majorité, ni dans celui de l’opposition, ni même celui de la société civile. Elle doit être dans le camp de la Nation », insiste Mukongo Totoro. La NGC pose ainsi comme condition majeure de sa participation à ce processus la nécessité d’une place réelle de la jeunesse dans les discussions et dans les décisions, estimant que le Dialogue national doit constituer non pas un simple rendez-vous politique supplémentaire, mais une occasion de refondation nationale.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
