La présence de Jean-Michel Sama Lukonde à Lusaka, ce mardi 1er septembre 2026, dépasse le simple cadre protocolaire. Le président du Sénat congolais représente Félix Tshisekedi à l’investiture de Hakainde Hichilema, réélu pour un second mandat à la tête de la Zambie. Cette mission, annoncée par la cellule de communication de la Chambre haute, met en lumière un enjeu diplomatique majeur : la consolidation des relations entre Kinshasa et Lusaka, deux capitales liées par une frontière commune et des intérêts économiques croisés.
À sa descente d’avion, Sama Lukonde a été accueilli par l’ambassadeur de la RDC en Zambie, Bapaga Tepupileka Serge Didier, ainsi que par les gouverneurs du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et du Lualaba, Fifi Masuka. La présence de ces deux autorités provinciales n’est pas anodine : leurs territoires partagent des frontières directes avec la Zambie, ce qui souligne l’importance des dynamiques transfrontalières dans cette relation bilatérale.
Une investiture sous le signe de la stabilité régionale
La cérémonie au National Heroes Stadium de Lusaka consacre la réélection de Hakainde Hichilema, vainqueur du scrutin du 13 août avec environ 60 % des suffrages, selon les résultats officiels publiés par la commission électorale. Son principal opposant, Brian Mundubile, a recueilli 38 % des voix. La prestation de serment concerne également la vice-présidente élue, Mutale Nalumango. Le gouvernement zambien a décrété cette journée comme fériée, signe de l’importance nationale accordée à cet événement auquel de nombreux chefs d’État de la région sont attendus.
Pour la RDC, cette investiture est l’occasion de réaffirmer un partenariat stratégique. Félix Tshisekedi avait adressé, mercredi, ses félicitations à son homologue zambien après la proclamation des résultats. Ce geste, relayé par la présidence congolaise, s’inscrit dans une logique de bon voisinage que les deux pays entretiennent de longue date.
Les provinces frontalières, actrices d’une coopération concrète
La délégation congolaise ne se limite pas aux figures politiques nationales. Des députés nationaux et provinciaux, ainsi que des représentants de la communauté congolaise vivant en Zambie, étaient également présents à l’aéroport. Cette composition reflète une réalité souvent sous-estimée : les échanges entre la RDC et la Zambie se jouent d’abord au niveau local, à travers le commerce, les mouvements de population et les projets d’infrastructures transfrontaliers.
Les gouverneurs du Haut-Katanga et du Lualaba, provinces riches en ressources minières, ont un intérêt direct à la stabilité de la Zambie, pays de transit pour de nombreux produits. Leur déplacement à Lusaka peut être lu comme un signal de volonté de renforcer les corridors économiques et de sécuriser les flux entre les deux pays.
Un second mandat pour Hichilema, un partenaire attendu
La réélection de Hakainde Hichilema ouvre une nouvelle phase dans les relations bilatérales. Son premier mandat avait déjà été marqué par des efforts de rapprochement avec la RDC, notamment sur les questions de sécurité et de commerce. Avec ce second mandat, les attentes sont fortes quant à la poursuite de cette dynamique, en particulier dans les domaines de l’énergie, des transports et de la lutte contre la contrebande.
La présence de Sama Lukonde, troisième personnalité de l’État congolais, témoigne de l’importance que Kinshasa accorde à ce partenaire. Elle rappelle aussi que la diplomatie congolaise s’appuie sur des relais institutionnels variés, au-delà du seul chef de l’État. Pour les citoyens des provinces frontalières, cette investiture est un moment clé : elle conditionne en partie la fluidité des échanges et la stabilité d’une région où les intérêts économiques et humains sont étroitement imbriqués.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
