Ce lundi 31 août 2026, l’actualité congolaise est marquée par une crise humanitaire alarmante au Haut-Uele, un blocage institutionnel en Mongala, des annonces gouvernementales pour la rentrée scolaire et des tensions persistantes au Nord-Kivu. Ces quatre enjeux dessinent un paysage complexe où les urgences sociales et sécuritaires se mêlent aux défis politiques et économiques.
Haut-Uele : plus de 10 000 déplacés sans aide ni école à la veille de la rentrée
Dans la province du Haut-Uele, plus de dix mille personnes déplacées vivent depuis plus de trois mois sans assistance alimentaire ni médicale. Elles ont fui les attaques des rebelles ADF dans les territoires de Watsa et de Wamba. À la veille de la rentrée scolaire, leur situation illustre les conséquences sanitaires et sociales d’un déplacement prolongé. Selon des sources locales, ces déplacés ont tout laissé derrière eux et manquent aujourd’hui de nourriture, de médicaments et de tout moyen de subsistance. Les familles d’accueil, elles-mêmes précaires, ne parviennent pas à répondre aux besoins, créant un environnement où les risques sanitaires augmentent, notamment pour les enfants et les personnes âgées.
Joseph Kalema, activiste de la société civile du territoire de Watsa, déplore qu’aucune assistance du Gouvernement ni des organisations humanitaires ne soit parvenue dans ces zones depuis plus de trois mois. Cette absence d’aide expose les déplacés à des risques accrus : malnutrition, maladies évitables et complications liées au manque de soins. Pour les enfants, l’absence de cantines scolaires ou de structures de santé à proximité aggrave la vulnérabilité. Sans accès à l’eau potable ni à des latrines adéquates, les risques de maladies hydriques comme la diarrhée ou le choléra deviennent préoccupants.
À la veille de la rentrée scolaire, les déplacés expriment leur volonté de rentrer dans leurs villages. Ils demandent au Gouvernement de restaurer la paix et de garantir leur sécurité afin que leurs enfants puissent reprendre le chemin de l’école. La semaine dernière, le chef d’un groupement et ses neuf enfants ont été tués lors d’une attaque attribuée aux ADF, rappelant la persistance des menaces dans cette partie du Haut-Uele. Pour de nombreuses familles, l’éducation des enfants est devenue secondaire face à l’urgence de survivre, mais elle reste un facteur clé pour l’avenir de ces communautés. Lire l’article complet
Mongala : l’Union sacrée exige la fermeture de l’Assemblée provinciale
La province de la Mongala traverse une crise politique profonde. Les partis membres de l’Union sacrée de la nation, la plateforme présidentielle, demandent la fermeture de l’Assemblée provinciale et la révocation du gouverneur Jean-Colin Makaka. Cette position, exprimée le week-end dernier, met en lumière une gouvernance jugée défaillante et un blocage institutionnel qui pénalise directement la population. Les interfédéraux et présidents fédéraux des partis de l’Union sacrée accusent le gouverneur et l’Assemblée provinciale d’entretenir une situation qui, selon eux, nuit au développement de la province.
Élie Sangoko, porte-parole des partis de la majorité présidentielle dans la Mongala, dénonce une « symbiose malsaine » entre les deux institutions. « La Mongala se meurt. Il se constate une symbiose malsaine entre l’Assemblée provinciale et le gouverneur Jean-Colin Makaka au détriment de la population », affirme-t-il. Cette déclaration traduit une rupture au sein de la coalition au pouvoir. Les cadres de l’Union sacrée reprochent à l’Assemblée provinciale de servir de cadre à des règlements de comptes politiques, au lieu de se concentrer sur les besoins des citoyens.
Les responsables politiques de l’Union sacrée évoquent notamment les événements du dimanche 16 août 2026. Ce jour-là, les deux institutions auraient lancé un appel conjoint à la désobéissance civile contre le vice-gouverneur Cédric Ayakakoma, de retour d’un séjour médical à Kinshasa. Cette action est perçue comme une dérive grave, transformant les institutions en outils de conflit personnel. Face à ce qu’ils qualifient de « constat sombre », les cadres de la plateforme politique sollicitent l’arbitrage des autorités compétentes pour stopper cette crise et préserver les intérêts de la province. Lire l’article complet
Rentrée scolaire : Raïssa Malu annonce cantines et clubs citoyens
La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre ce mardi 1er septembre avec un ensemble de mesures annoncées par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. Dans un communiqué publié lundi 31 août, elle a détaillé des actions concrètes pour améliorer les conditions d’apprentissage et renforcer l’encadrement des élèves. Ces annonces touchent à la fois l’alimentation scolaire, l’éducation civique, la santé et la sécurité, avec un objectif commun : permettre à chaque enfant d’accéder à une éducation de qualité, même dans les zones les plus fragiles.
Le ministère prévoit de déployer 78 cantines scolaires pilotes à travers le pays, à raison de trois structures par province. Cette initiative vise à accompagner les élèves et à améliorer leurs conditions d’apprentissage. En offrant un repas sur place, ces cantines peuvent réduire la faim et favoriser la concentration en classe, un levier important pour la réussite scolaire, en particulier dans les milieux défavorisés. Parallèlement, des « Clubs de veille citoyenne » seront mis en place dans les établissements publics. Leur mission est de promouvoir auprès des élèves le civisme, le patriotisme et le respect du bien commun.
Raïssa Malu a réaffirmé le maintien de la gratuité de l’enseignement primaire public. Elle a appelé les gestionnaires des établissements scolaires au respect des dispositions légales et les a mis en garde contre les pratiques irrégulières susceptibles de priver les enfants de leur droit à l’éducation. Dans les provinces touchées par l’épidémie d’Ebola, le ministère prévoit de renforcer les mesures sanitaires dans les établissements scolaires. Un dispositif d’enseignement à distance pourra être activé lorsque la situation épidémiologique l’exigera, afin d’assurer la continuité des apprentissages. Concernant les zones affectées par les conflits, le Gouvernement entend favoriser la reprise des cours partout où les conditions le permettent. Lire l’article complet
Dialogue national et visite à Mbuji-Mayi : les attentes économiques au cœur de la presse congolaise
La presse congolaise de ce lundi 31 août met en lumière deux dossiers majeurs : le Dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi et sa visite à Mbuji-Mayi, dans l’espace Grand Kasaï. Derrière les débats politiques, ce sont surtout les attentes économiques des populations qui ressortent, entre plaidoyers pour des infrastructures et constats sur la cherté des matériaux de construction. Le quotidien Le Phare revient sur l’annonce du Dialogue national et souligne une orientation qui contrarie ceux qui espéraient une redistribution des responsabilités au sein des institutions publiques. L’absence annoncée de partage de postes marque une rupture avec les pratiques passées.
Congo Nouveau met en avant la lecture de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, qui attribue au Dialogue trois dimensions : politique, économique et sécuritaire. Le quotidien relaie également les réserves de la coalition d’opposition Article 64, qui considère le processus annoncé comme une consultation dont les conclusions seraient déjà orientées. La Tempête des Tropiques s’intéresse aux lignes rouges fixées par Félix Tshisekedi, notamment son refus d’envisager une amnistie pour les crimes de guerre et les actes de génocide dans le cadre du Dialogue national.
La visite présidentielle à Mbuji-Mayi est largement commentée sous l’angle économique. L’ACP met l’accent sur le plaidoyer présenté au chef de l’État en faveur d’un plan intégré de développement et d’industrialisation du Grand Kasaï. Cette proposition repose notamment sur le développement de l’électricité, des routes, de l’agriculture et de l’industrie, avec pour objectif de favoriser la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie. Lors de la cérémonie religieuse à Mbuji-Mayi, Mgr Emmanuel Kasanda a plaidé pour des projets « clairement définis, financés, programmés et suivis dans le temps ». Une exigence de suivi qui résonne avec les difficultés économiques locales : 7sur7.cd met en lumière la hausse du coût des matériaux de construction, le sac de ciment dépassant désormais les 20 dollars américains dans la ville. Lire l’article complet
Ituri : rentrée scolaire sous surveillance face à Ebola
La rentrée scolaire 2026-2027 en Ituri s’ouvre mardi 1er septembre dans un contexte sanitaire particulier. L’épidémie d’Ebola reste active dans certaines zones de la province, ce qui oblige les autorités éducatives à adapter l’organisation des cours. Des mesures de prévention ont été renforcées dans les établissements, avec un dispositif particulier pour les sous-divisions les plus exposées. Les sous-divisions de Bunia, Nizi, Irumu 2 et Mambasa 3 sont considérées comme les plus à risque. Des décès communautaires y sont encore signalés. Pour limiter la propagation du virus, des dispositifs de lavage des mains et des équipements de contrôle de la température ont été installés dans les écoles, avec l’appui de partenaires humanitaires. Un système d’alerte doit aussi permettre de signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé.
Le directeur de la province éducationnelle Ituri 1, Yvon Mouke, précise que les écoles ne seront pas fermées uniquement parce qu’elles se trouvent dans une zone à risque. L’option de l’enseignement à distance ne sera activée que si un problème de maladie est constaté dans une école. « Les écoles doivent d’abord ouvrir. C’est lorsqu’on constatera qu’il y a un problème de maladie dans une école, alors c’est à ce moment-là que l’on peut activer l’option de l’enseignement à distance », a-t-il déclaré. Cette approche graduée permet de maintenir la continuité des apprentissages tout en protégeant la santé des élèves et du personnel.
Malgré ces dispositions, certains parents hésitent encore à envoyer leurs enfants à l’école. Ils craignent une propagation du virus. Cette inquiétude est alimentée par l’ampleur de l’épidémie : 5 945 personnes ont déjà été touchées et 2 862 décès ont été enregistrés, selon les chiffres communiqués dans le cadre de cette situation sanitaire. Les autorités scolaires comptent sur la prévention et la détection rapide des cas suspects pour assurer la rentrée tout en limitant les risques. Pour rassurer les familles, les autorités insistent sur l’importance des gestes barrières et de la vigilance collective. Lire l’article complet
Nord-Kivu : trois combattants du M23/AFC se rendent aux Wazalendo à Kirikiri
Trois combattants du M23/AFC se sont rendus dimanche 30 août 2026 aux Wazalendo à Kirikiri, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Ils ont remis trois armes à feu. L’information est confirmée par John Mahangaiko, porte-parole de la synergie des VDP-Wazalendo du Front Grand Nord. Selon lui, la reddition s’est déroulée dans l’une des positions tenues par les Wazalendo à Kirikiri. Les trois hommes sont arrivés avec leurs armes, puis ont été pris en charge par la synergie. « La synergie de Wazalendo a reçu une équipe de trois hommes dans l’une de ses positions de Kirikiri. Ces hommes qui sont venus avec trois armes sont venus du côté des terroristes de l’AFC/M23 », a déclaré John Mahangaiko.
Les combattants et leurs armes ont été transférés aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette remise vise à poursuivre le processus de reddition engagé. La synergie des VDP-Wazalendo n’a pas précisé les conditions exactes de ce transfert, ni le lieu où les trois hommes ont été conduits. Le porte-parole a toutefois indiqué que la procédure suit son cours. Les FARDC sont désormais responsables de la prise en charge des combattants rendus. Aucun détail n’a été fourni sur leur identité, leur grade ou leur rôle au sein du M23/AFC.
La synergie des VDP-Wazalendo du Front Grand Nord a lancé un appel aux combattants du M23 encore actifs. Elle les invite à privilégier la reddition volontaire. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes dans le territoire de Lubero, où les affrontements entre groupes armés et forces loyalistes se poursuivent. John Mahangaiko n’a pas donné de chiffres sur le nombre total de combattants du M23 présents dans la zone. Il n’a pas non plus évoqué d’éventuelles négociations en cours. La reddition de Kirikiri reste un fait isolé, documenté par la synergie elle-même. Les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur cette reddition. Aucune source militaire ou gouvernementale n’a confirmé la remise des trois combattants aux FARDC. Lire l’article complet
Télécoms à Kinshasa : le Parlement des étudiants exige des preuves avant toute sanction
La qualité des services de télécommunications à Kinshasa est devenue un enjeu de contrôle citoyen. Le Parlement des étudiants, après un contrôle mené en août auprès de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) et des opérateurs, exige des réponses concrètes aux problèmes de connexion, d’appels et de stabilité des réseaux. Une démarche qui replace la question de la fiabilité des infrastructures au cœur du débat public. Présentant samedi 29 août à Kinshasa le rapport final de cette démarche, le président du Parlement des étudiants, André Kakubu, a salué les mesures annoncées par l’ARPTC. Il cite notamment la mise en place d’une Task Force chargée du suivi de la qualité des services, ainsi que l’acquisition de nouveaux équipements de contrôle par le régulateur.
Le Parlement des étudiants appelle également l’ARPTC à s’appuyer sur des données techniques précises avant d’engager d’éventuelles sanctions contre les opérateurs. André Kakubu a déclaré que l’ARPTC ne peut pas sanctionner sur la base d’une simple dénonciation : il faut qu’elle dispose de données de terrain et de preuves suffisantes. Il insiste notamment sur la nécessité de documenter les perturbations en précisant la zone concernée, l’heure et le numéro affecté. Cette exigence de rigueur vise à éviter des décisions arbitraires qui pourraient pénaliser injustement les opérateurs, tout en garantissant que les usagers obtiennent réparation lorsque les manquements sont avérés.
Le président du Parlement des étudiants souligne par ailleurs le rôle du service de monitoring de l’ARPTC dans l’identification des causes des problèmes de réseau. Selon lui, les perturbations peuvent avoir différentes origines, notamment une coupure d’électricité affectant une antenne ou encore une saturation du réseau dans des zones où la concentration d’utilisateurs est élevée. Cette lecture technique rappelle que la qualité des services ne dépend pas seulement des opérateurs, mais aussi de l’environnement énergétique et de la densité urbaine. En effet, les délestages électriques fréquents à Kinshasa peuvent interrompre le fonctionnement des équipements, tandis que la forte densité de population dans certains quartiers peut saturer les capacités du réseau aux heures de pointe. Lire l’article complet
Ce débrief du 31 août 2026 met en évidence une RDC confrontée à des défis multiples : une crise humanitaire au Haut-Uele qui exige une réponse urgente, un blocage politique en Mongala qui paralyse le développement, une rentrée scolaire sous le signe de la résilience face à Ebola et à l’insécurité, et des tensions persistantes au Nord-Kivu. Ces enjeux appellent des actions coordonnées des autorités et des partenaires pour répondre aux besoins des populations et restaurer la confiance.
