Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a reçu une délégation du comité stratégique des parlementaires du Grand Équateur, conduite par le député national José Engbanda Mananga. Les élus ont exposé plusieurs dysfonctionnements judiciaires et sécuritaires qui entravent la vie institutionnelle dans cette partie du pays.
Des conflits institutionnels et des décisions de justice inappliquées
La délégation a mis en lumière les conflits institutionnels qui perturbent le Sud-Ubangi et la Mongala. Elle a également dénoncé la non-exécution de certaines décisions rendues par les juridictions, un problème récurrent qui fragilise l’autorité de la justice. José Engbanda Mananga a précisé avoir évoqué « les problèmes liés à la non-exécution de certaines décisions judiciaires au Sud-Ubangi » ainsi que « les difficultés concernant un réquisitoire du parquet général en Mongala resté sans suite ».
Tracasseries policières et militaires à Bansakusu et Bolomba
Les parlementaires ont aussi alerté le ministre sur les tracasseries policières et militaires signalées dans plusieurs localités, notamment à Bansakusu et Bolomba, dans la province de l’Équateur. Selon le député, ces agissements entretiennent un climat d’incertitude et affectent le quotidien des populations. « Nous sommes venus solliciter l’implication du responsable de la justice afin que les décisions des cours et tribunaux soient effectivement exécutées », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de consolider l’État de droit.
Le ministre s’engage à un suivi dans le respect de la loi
Guillaume Ngefa a pris acte des préoccupations et a assuré qu’il en suivrait l’évolution. Il a réaffirmé son attachement au respect des principes fondamentaux, déclarant : « J’ai pris acte de ces préoccupations et réaffirmé mon engagement à en assurer le suivi, dans le strict respect de la loi, de l’indépendance de la justice et du bon fonctionnement des institutions. » Le ministre n’a pas annoncé de mesures immédiates, mais a promis un suivi rigoureux des dossiers.
Un démembrement territorial aux effets contrastés
Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte plus large de fragilité des nouvelles provinces issues du découpage territorial de 2015. La réforme, qui a fait passer le pays de 11 à 26 provinces, visait à rapprocher l’administration des citoyens. Cependant, plusieurs entités peinent à fonctionner normalement. Le déficit de ressources financières est un facteur clé : les mécanismes de rétrocession de 40 % des recettes nationales n’ont pas été appliqués de manière effective, limitant la capacité des provinces à investir. L’insuffisance des infrastructures et des capacités administratives, ainsi que les conflits politiques locaux, aggravent la situation. Ces éléments, qui touchent également le secteur de la justice, ralentissent la mise en œuvre des politiques publiques et maintiennent une incertitude préjudiciable au développement du Grand Équateur.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
