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Nyankunde : reprise des activités après l’assassinat d’un chef milicien et des tensions au centre Ebola

Les activités ont repris leur cours normal à Nyankunde, localité située à environ 45 kilomètres au sud de Bunia, dans le territoire d’Irumu. Ce retour au calme intervient après une série d’incidents survenus en milieu de semaine, notamment l’assassinat d’un chef milicien et une altercation autour du centre de traitement d’Ebola (CTE). Selon un enseignant joint sur place, les boutiques sont ouvertes et les habitants vaquent à leurs occupations, signe d’une accalmie fragile mais réelle.

Deux patients en fuite toujours recherchés

Le CTE de Nyankunde, érigé en face de l’hôpital historique, a été le théâtre d’une tentative d’intrusion mercredi soir. Des individus ont cherché à s’en prendre à l’enclos de la structure, profitant de la confusion pour que quatre patients s’échappent. Un infirmier du centre indique que deux d’entre eux ont été localisés et sont retournés au CTE dès jeudi, rejoignant les trois autres malades restés sur place. En revanche, deux patients sont toujours dans la nature, ce qui expose la communauté à un risque de transmission. Le personnel local assure actuellement la prise en charge, car les humanitaires, évacués jeudi vers Bunia, ne sont pas encore revenus.

Un centre de traitement fonctionnel malgré les tensions

Contrairement à certaines informations ayant fait état d’un saccage, le docteur Kashinde Makuta, médecin directeur de l’hôpital de Nyankunde, affirme que le CTE n’a pas été détruit. Dans une vidéo partagée, il montre que tout est en place, à l’exception de quelques fissures sur les tôles de l’enclos, causées par des jets de pierres. Il précise que la colère d’une famille réclamant le corps d’une femme décédée à l’hôpital – et non au CTE – faute de transfusion sanguine, est à l’origine de l’incident. Cette clarification vise à rassurer sur la continuité des soins.

L’ombre de l’assassinat du chef milicien Hérode

La situation sécuritaire reste toutefois précaire en raison de l’assassinat du général autoproclamé Hérode, chef du groupe armé Front patriotique et intégrationniste de l’Ituri (FPIC). Il a été tué avec deux de ses gardes lors d’une fusillade dans son bar à Nyankunde par quatre hommes armés et cagoulés, non identifiés. Ses gardes sont morts sur place, tandis que lui a succombé à l’hôpital. Son corps se trouve actuellement dans une morgue à Bunia, en attendant son inhumation prévue mardi dans la région de Nyankunde. Cet événement a suscité la panique dans sa région d’Andisoma, où il avait un ancrage fort.

Pour prévenir une dégradation de la cohabitation entre communautés, les chefs traditionnels, l’armée congolaise et la société civile poursuivent ce samedi une tournée de sensibilisation dans les grandes agglomérations d’Irumu, sur l’axe Bunia-Komanda. L’objectif est de rassurer les populations et d’encourager la paix, alors que le retour des humanitaires dépendra de l’évolution de la situation après l’enterrement du chef milicien.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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