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RGPH-2 à Kinshasa : Guylain Nyembo mise sur les universités pour valoriser les données

Le ministre d’État chargé du Plan, Guylain Nyembo, a réuni les responsables des universités et instituts supérieurs de Kinshasa le 16 juillet 2026 pour solliciter leur contribution scientifique au deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Cette séance académique, organisée en présence du représentant pays de l’UNFPA, visait à recueillir avis et préoccupations sur cette opération stratégique pour la planification du développement.

Un rôle scientifique revendiqué pour les universités

Devant les recteurs et professeurs, Guylain Nyembo a reconnu la place particulière des institutions académiques dans la réussite du RGPH-2. Il a souligné que les données collectées ne prendront leur véritable sens qu’une fois analysées et interprétées par les scientifiques. Selon lui, cette responsabilité incombe aux amphithéâtres, laboratoires et centres de recherche, où les chiffres bruts devront être transformés en analyses démographiques, économiques et sociales capables d’éclairer les politiques publiques.

Le ministre a également annoncé que de nombreux étudiants participeront aux opérations de terrain comme agents recenseurs, tout en contribuant à la valorisation académique des données via des travaux de recherche. Il a tenu à rassurer sur la nature du recensement, précisant qu’il ne s’agit ni d’un contrôle administratif, ni d’une démarche fiscale ou politique.

Un calendrier et un budget précisés

L’Institut National de la Statistique (INS) a détaillé les quatre phases du RGPH-2 : la mise en place du cadre juridique et la mobilisation des ressources, l’élaboration des outils de collecte et la cartographie, le dénombrement exhaustif des ménages, puis le traitement des données et la publication des résultats. Les opérations de cartographie sont annoncées pour août 2026 à Kinshasa, le recrutement des agents fin 2026, et le dénombrement général en juillet 2027.

Le coût global est estimé à 192 millions de dollars. L’État congolais a déjà mobilisé 30 millions, placés sous gestion fiduciaire de l’UNFPA. La Banque mondiale a promis 100 millions, dont 75 pour le recensement, la BAD 50 millions, et l’UNICEF et l’UNFPA 3 millions au total. La Côte d’Ivoire appuiera la logistique et la formation.

Le défi des zones sous occupation rebelle

Concernant les territoires contrôlés par les rebelles de l’AFC-M23, l’INS a indiqué que des mécanismes sont en cours pour garantir une couverture globale. Un plan B prévoit un recensement hybride, technique approuvée par les Nations unies et testée dans des pays en guerre comme l’Irak ou l’Afghanistan. Les experts pourraient aussi recourir à l’imagerie satellitaire pour obtenir des statistiques proches de la réalité.

Des propositions académiques pour l’innovation

Lors des échanges, des recteurs et professeurs ont suggéré de transformer les défis actuels en opportunités de création de startups, afin d’apporter des solutions concrètes aux problèmes identifiés. D’autres ont plaidé pour l’intégration des nouvelles technologies dans le projet, en vue de faciliter l’accès aux services de base nécessitant des informations personnelles. Le représentant de l’UNFPA, Alain Akpadji, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le processus et a appelé les établissements à contribuer à la qualité technique et à la sensibilisation des communautés.

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources: Actualite.cd, actu30.cd

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