Une campagne de sensibilisation aux violences basées sur le genre (VBG) a été menée ce mercredi dans les villages de Lifumba, Bokala et Bolombo, à Mbandaka, avec un accent particulier sur les conséquences socio-économiques de ces pratiques. Organisée à l’École Saint-Joseph, cette initiative visait à outiller les communautés pour prévenir et réduire toutes les formes de VBG, dont les répercussions freinent le développement local.
Un frein au développement économique des ménages
Selon Mme Ruth Bangane, coordinatrice de l’ONG Coordination des Appuis aux Organisations Féminines (CAOFE) dans la province de l’Équateur, cette activité s’inscrit dans le cadre des actions de protection des femmes et des filles. L’expert en genre, famille et enfance, Pitshu Bomandeke, a détaillé les principales formes de violences : viol, agressions sexuelles, mariages précoces et forcés, violences conjugales, coups et blessures volontaires. Il a expliqué comment ces violences entraînent des coûts directs pour les victimes – soins de santé, perte de revenus – et indirects pour la communauté, comme la baisse de productivité et la déscolarisation des filles.
Les mariages précoces, une pratique aux lourdes conséquences
Le facilitateur a particulièrement insisté sur l’interdiction des mariages précoces et forcés impliquant des jeunes filles de moins de 18 ans, une pratique encore observée dans le village de Bolombo. Ces unions privent les adolescentes d’éducation et les exposent à des risques sanitaires, perpétuant un cycle de pauvreté. Les participants, issus des communautés bantoues et des peuples autochtones pygmées, ont posé des questions sur la loi relative aux violences sexuelles et la loi portant protection de l’enfant en RDC. Satisfaits des réponses, ils se sont engagés à lutter contre ce fléau.
Un comité local pour un suivi concret
À l’issue de la rencontre, un comité local de suivi des VBG a été mis en place. Composé de 11 membres et présidé par M. Jean-Louis Libeka, il aura pour mission de veiller à l’application des engagements pris et de signaler les cas de violences. Ce dispositif vise à renforcer la responsabilité communautaire et à assurer un relais entre les villages et les organisations de protection.
Le Nzango, outil de cohésion sociale
La journée s’est poursuivie par un tournoi mixte de Nzango, organisé par la Solidarité pour la Promotion des Femmes Autochtones (SPFA). Cette compétition a réuni des équipes féminines bantoues et pygmées des trois villages pour promouvoir la cohabitation pacifique. Sur le plan sportif, l’équipe de Bolombo Centre a battu Lifumba 11 à 6, tandis que Bolombo Ferme s’est inclinée 5 à 11 face à Bokala. Ces activités s’inscrivent dans un projet mis en œuvre par un consortium de quatre organisations féminines – ACHEPROF, CAOFE, CAFCO et SPFA – avec l’appui du Centre Carter et le financement d’Affaires mondiales Canada. En liant sensibilisation et sport, l’initiative montre que la lutte contre les VBG passe aussi par le renforcement du tissu social, condition essentielle à un développement économique durable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
