Le système des Nations unies a investi 473 millions de dollars américains en République démocratique du Congo au cours de l’année 2025 pour financer des projets sociaux. Ce montant, présenté mercredi 15 juillet 2026 à Kinshasa lors de la publication du rapport du Cadre de coopération pour le développement durable (CCDD), représente 35 % des besoins estimés à 1,35 milliard de dollars. Malgré ce déficit de financement, les résultats concrets commencent à se dessiner pour les populations vulnérables.
Un financement partiel mais des effets mesurables
Le rapport du CCDD détaille l’utilisation de ces fonds dans plusieurs secteurs clés : l’emploi, la gouvernance, la protection sociale, la production de données, le climat, l’inclusion et le renforcement des institutions nationales. L’ONU a notamment mis l’accent sur le développement des compétences, l’entrepreneuriat et l’accès aux services financiers, en ciblant prioritairement les communautés vulnérables. Ces interventions ont produit des résultats tangibles : environ 31 414 emplois ont été créés et 110 683 personnes ont eu accès à des services financiers digitaux. Par ailleurs, 15 025 ménages ont intégré des mécanismes d’inclusion financière, tandis que 4 700 jeunes, femmes et acteurs communautaires ont bénéficié de formations pour l’emploi.
L’inclusion financière comme levier pour les ménages
L’accès aux services financiers digitaux constitue un axe majeur de cette coopération. Pour les 110 683 personnes concernées, cela signifie la possibilité d’épargner, de recevoir des paiements ou de contracter des microcrédits sans passer par les circuits bancaires traditionnels, souvent inaccessibles. Les 15 025 ménages intégrés aux mécanismes d’inclusion financière peuvent désormais mieux gérer leurs revenus, faire face aux imprévus et investir dans de petites activités génératrices de revenus. Ces avancées, bien que modestes à l’échelle du pays, illustrent comment des projets sociaux ciblés peuvent transformer le quotidien des Congolais les plus démunis.
Le défi de la mobilisation des ressources
Avec seulement 35 % des besoins couverts, la mobilisation des ressources reste modérée. Le montant total nécessaire pour le cycle de coopération est estimé à 1,35 milliard de dollars, ce qui laisse un gap de financement important. Damien Mama, coordonnateur résident et humanitaire intérimaire du système des Nations unies en RDC, s’est félicité de la contribution de l’organisation au renforcement de l’État de droit, à la modernisation de l’administration publique et à l’amélioration de l’accès à l’identité légale. Cependant, le rapport souligne la nécessité d’optimiser l’allocation des ressources et d’accélérer leur mise en œuvre pour maximiser les effets. La performance financière observée est jugée encourageante, mais elle appelle à un effort accru des partenaires internationaux et du gouvernement congolais pour combler le déficit.
Quelles perspectives pour les communautés vulnérables ?
Les résultats obtenus en 2025 montrent que même avec des ressources limitées, des progrès sont possibles. La création de 31 414 emplois et la formation de 4 700 personnes représentent une bouffée d’oxygène pour des milliers de familles. L’accent mis sur les jeunes et les femmes répond à un besoin criant d’insertion économique dans un pays où le chômage touche durement ces catégories. Pour que ces projets sociaux aient un impact durable, il faudra non seulement augmenter les financements, mais aussi renforcer les capacités des institutions nationales afin qu’elles prennent le relais. La dynamique enclenchée par l’ONU à Kinshasa et dans le reste du pays pourrait ainsi servir de socle à un développement plus autonome.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
