À Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo-Central, les services publics de proximité peinent à fonctionner normalement. La société civile locale alerte sur les difficultés quotidiennes des agents de l’État, confrontés à des salaires impayés, des frais de fonctionnement insuffisants et une rétrocession irrégulière. Ces blocages financiers ont des conséquences directes sur la population, qui ne peut plus compter sur une administration capable de répondre à ses besoins élémentaires.
Des services publics paralysés par l’absence de moyens
Le manque de financement se traduit par des situations concrètes qui touchent les citoyens. Récemment, un chef de secteur s’est retrouvé dans l’incapacité de conserver un corps à la morgue, faute de moyens, alors qu’une enquête devait déterminer les circonstances du décès d’une personne retrouvée dans la brousse. Cet exemple illustre comment l’absence de ressources bloque des procédures pourtant essentielles. La loi congolaise prévoit pourtant le financement de ces services par l’État, mais sur le terrain, les agents doivent souvent puiser dans leurs propres poches ou organiser des cotisations volontaires pour faire face aux urgences.
Une décentralisation financière inachevée
Victor Nzuzi Mbembe, acteur de la société civile de Mbanza-Ngungu, pointe un problème structurel : « Les chefs de secteur se plaignent, simplement parce qu’il n’y a pas de véritable décentralisation des moyens financiers. Les rétrocessions n’arrivent pas régulièrement dans les provinces et, quand elles arrivent, le gouverneur en fait d’abord sa propriété. C’est là le problème ». Cette déclaration met en lumière un dysfonctionnement dans la chaîne de répartition des ressources publiques. Les secteurs, qui sont les entités les plus proches des citoyens, ne reçoivent pas les fonds nécessaires pour assurer leurs missions.
Le secteur, pilier oublié du développement local
Maître Sudi Alimasi Kimputu, expert en décentralisation, rappelle le cadre légal : « Le secteur est une entité territoriale décentralisée qui a une autonomie administrative, une autonomie financière et qui peut bénéficier des ressources issues des recettes à caractère national. C’est au niveau du secteur que l’on devait asseoir notre développement, parce que c’est l’instance qui est censée gérer les besoins sociaux de base de la population ». Cette autonomie, pourtant inscrite dans les textes, reste théorique. Sans transfert effectif des moyens, les secteurs ne peuvent ni entretenir les infrastructures, ni payer le personnel, ni répondre aux urgences sociales.
Un appel à la régularité des versements
Face à cette situation, la société civile de Mbanza-Ngungu demande aux autorités compétentes de garantir la régularité du versement de la rétrocession et des frais de fonctionnement. L’objectif est de permettre aux secteurs de disposer des moyens nécessaires pour assurer leurs missions. Sans cela, les populations continueront de subir les conséquences d’une administration exsangue, incapable de fournir les services de base. La question de la décentralisation financière reste donc un enjeu central pour le développement du Kongo-Central et la crédibilité des institutions locales.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
