Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet 2026, de violents affrontements ont éclaté dans la zone frontalière entre les territoires de Masisi et Walikale, au Nord-Kivu. Ces combats, qui ont opposé les rebelles de l’AFC/M23 à une coalition de groupes armés Wazalendo, ont semé la panique parmi les populations civiles et aggravé une situation humanitaire déjà précaire. Selon des notabilités locales, les hostilités ont débuté vers 23 heures, lorsque les éléments Wazalendo ont lancé des assauts simultanés contre plusieurs positions tenues par l’AFC/M23. Les échanges de tirs à l’arme lourde et légère se sont poursuivis avec intensité jusqu’aux environs de 4 heures du matin.
Cette flambée de violence a eu des conséquences immédiates sur les communautés villageoises. Terrifiés, la plupart des habitants se sont confinés chez eux, tandis que quelques familles ont fui en urgence vers le centre de santé de Kalembe, espérant y trouver une protection relative. Au lever du jour, une accalmie fragile a permis à ces déplacés de regagner leurs domiciles, mais la psychose reste totale. Cette zone frontalière est en effet le théâtre de violences récurrentes depuis plus de deux semaines, avec un lourd tribut payé par les civils.
Un bilan humain dramatique dans le groupement de Bashali Mukoto
Les récents affrontements s’inscrivent dans une escalade meurtrière marquée par des exactions graves contre les populations. La semaine dernière, les localités de Kasake, Shangi et Rukenge ont été la cible d’opérations punitives attribuées à l’AFC/M23. Des sources coutumières du groupement de Bashali Mukoto dressent un premier bilan d’au moins 26 civils tués. Certaines victimes ont péri calcinées dans leurs maisons incendiées, tandis que d’autres ont succombé à des frappes de drones. Ces attaques délibérées contre des habitations et des civils illustrent la vulnérabilité extrême des populations prises au piège de ce conflit armé.
L’impact sanitaire et psychosocial d’une violence prolongée
Au-delà des pertes en vies humaines, ces violences répétées ont des répercussions profondes sur la santé physique et mentale des survivants. La fuite vers le centre de santé de Kalembe montre que les structures sanitaires deviennent des refuges de fortune, alors même qu’elles peinent à répondre aux besoins médicaux courants. L’exposition prolongée au stress, à la peur et aux déplacements forcés peut entraîner des troubles anxieux, des dépressions et des traumatismes durables, en particulier chez les enfants. Les incendies de maisons privent également les familles de leurs abris et de leurs biens, augmentant les risques de maladies liées au manque d’hygiène et à la promiscuité dans les zones de refuge.
Quelles perspectives pour les civils de Masisi et Walikale ?
L’accalmie observée ce jeudi matin reste précaire, et rien n’indique que les violences ne reprendront pas. Les populations de Masisi et Walikale vivent dans une insécurité chronique qui entrave l’accès aux soins, à l’éducation et aux moyens de subsistance. Les acteurs humanitaires, déjà confrontés à des difficultés logistiques et sécuritaires, peinent à apporter une assistance continue. Pour les ménages, la priorité immédiate est de trouver un abri sûr et de recevoir des soins médicaux et psychosociaux. À plus long terme, seule une stabilisation durable de la zone permettra de reconstruire les communautés et de restaurer des conditions de vie dignes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
