Les autorités politico‑administratives de l’Ituri sont désormais en première ligne pour freiner la propagation de l’épidémie d’Ebola. Depuis le mercredi 8 juillet, elles participent à une session de formation organisée par le gouvernement provincial avec l’appui d’Africa CDC. L’objectif est de renforcer la sensibilisation des communautés, de lutter contre la désinformation et les fausses rumeurs, et d’encourager des changements de comportement pour limiter la transmission du virus.
Cette initiative vise à outiller les relais communautaires que sont les chefs de dix maisons, chefs d’avenues, chefs de quartiers, bourgmestres et administrateurs de territoires. Leur rôle consiste à diffuser des messages de prévention au plus près des habitants, dans chaque quartier et chaque famille. Un formateur a rappelé la détresse quotidienne causée par la maladie : « Avec l’arrivée d’Ebola, chaque famille, chaque quartier pleure jour après jour. Il est important d’arrêter le plus tôt possible la transmission de cette maladie meurtrière. »
Un engagement total exigé des autorités locales
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Gaby Ngoy Kasongo, a insisté sur la gravité de la résurgence d’Ebola, qui menace à la fois la santé publique et la stabilité économique et sociale de la province. Il a déclaré : « J’attends de chacun de vous un engagement total. Chaque quartier doit être informé. Chaque famille doit être sensibilisée. Chaque cas suspect doit être signalé rapidement afin d’empêcher toute propagation. »
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où l’épidémie a déjà causé plus de 580 décès sur plus de 1 700 cas confirmés en Ituri. Les autorités provinciales et leurs partenaires poursuivent leurs efforts pour impliquer l’ensemble des acteurs de la société afin de mettre fin à la transmission du virus.
La formation comme outil contre la désinformation
La session de formation met l’accent sur la lutte contre les fausses rumeurs, qui peuvent entraver les mesures de prévention et alimenter la méfiance envers les équipes de riposte. En formant les chefs locaux, les organisateurs espèrent créer un maillage de communication fiable, capable de corriger les idées reçues et de promouvoir les gestes barrières.
Les participants apprennent à reconnaître les signes de la maladie, à expliquer les modes de transmission et à orienter rapidement les cas suspects vers les structures de santé. Cette approche pratique vise à transformer chaque autorité locale en un acteur de santé publique de proximité.
Un impact attendu sur la dynamique de l’épidémie
En renforçant les capacités des relais communautaires, les autorités espèrent accélérer le signalement des cas et réduire les délais de prise en charge. Une détection précoce est en effet cruciale pour briser les chaînes de transmission et éviter de nouvelles flambées.
La mobilisation des chefs de quartiers et d’avenues devrait également faciliter l’acceptation des mesures de prévention par les populations, souvent réticentes face à des intervenants extérieurs. En s’appuyant sur des figures locales de confiance, la riposte gagne en légitimité et en efficacité.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
