Dans le territoire de Mambasa, à 165 kilomètres au sud-ouest de Bunia en Ituri, plus de 80 000 personnes déplacées survivent sans aide alimentaire suffisante. Ces familles, qui ont fui les violences des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) depuis janvier 2026, sont aujourd’hui confrontées à une précarité extrême. La société civile locale alerte sur l’urgence d’une réponse humanitaire et le besoin de sécuriser la région pour permettre un retour à une vie normale.
Un exode massif vers Mambasa-centre et Niania
Les attaques répétées des ADF ont vidé plusieurs localités de leurs habitants. Les villages de Babesua, Muchacha, Bafwakoa, Salate, Tepe, Itembo et Badengaido sont désormais presque déserts. La majorité des déplacés a trouvé refuge à Mambasa-centre et à Niania, où ils sont hébergés par des familles d’accueil. Mais ces communautés hôtes, elles-mêmes fragilisées, peinent à absorber cet afflux. L’accès aux champs est bloqué par l’insécurité persistante, privant à la fois les déplacés et les résidents de leurs moyens de subsistance habituels.
Une aide humanitaire qui couvre à peine un quart des besoins
Selon les données de la société civile, les trois quarts des déplacés n’ont reçu aucun soutien. Seuls environ 750 ménages ont bénéficié d’une aide financière d’urgence, distribuée par l’ONG Caritas, complétée par quelques gestes de solidarité privée. Marie Noëlle Anotane, membre de la société civile du Congo, décrit une situation toujours préoccupante : « Depuis le début de l’année, avec toutes les incursions des ADF, les trois quarts des déplacés n’ont pas encore bénéficié de l’assistance. » Ce déficit d’aide aggrave les risques sanitaires et nutritionnels pour des milliers de personnes, en particulier les enfants et les personnes âgées.
L’insécurité alimentaire comme conséquence directe du conflit
L’impossibilité de cultiver les champs crée une double peine : les déplacés ne peuvent pas produire leur nourriture, et les familles d’accueil voient leurs propres réserves s’épuiser. Cette situation illustre un mécanisme classique des crises humanitaires liées aux conflits : le déplacement forcé rompt les circuits agricoles locaux et rend les populations entièrement dépendantes d’une aide extérieure. Or, dans le territoire de Mambasa, cette aide reste très insuffisante. Les besoins alimentaires de base ne sont pas couverts, ce qui expose les plus vulnérables à la malnutrition.
Un appel à renforcer la sécurité pour faciliter le retour
Face à cette impasse, les forces vives de Mambasa demandent au gouvernement congolais de déployer des renforts des FARDC, avec l’appui de partenaires, pour traquer les rebelles ADF et sécuriser les axes. L’objectif est double : permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et créer les conditions d’un retour progressif des populations dans leurs villages d’origine. Sans une amélioration de la sécurité, l’assistance restera ponctuelle et les déplacés continueront de dépendre d’une solidarité locale déjà à bout de souffle.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
