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Grève des médecins au Kasaï-Central : des patients sans soins à l’hôpital de Ndesha

Depuis le 24 juin, les hôpitaux du Kasaï‑Central tournent au ralenti. Les médecins, membres du Syndicat national des médecins (SYNAMED), ont cessé le travail pour réclamer de meilleures conditions salariales et professionnelles. Conséquence directe : des patients se retrouvent sans consultation, et les soins les plus lourds sont suspendus. Cette paralysie du système de santé met en évidence une crise profonde, où l’absence de personnel médical qualifié expose les malades à des risques accrus.

Des malades livrés à eux‑mêmes à l’hôpital de Ndesha

À l’hôpital général de référence de Ndesha, l’absence des médecins se fait cruellement sentir. Julie Njiba, hospitalisée depuis une semaine, témoigne : « Je ne suis pas bien traitée parce qu’il n’y a pas de médecin. C’est pénible. » Les infirmiers tentent de pallier le manque, mais leurs interventions restent limitées. Bernadette Tuseku, infirmière, explique : « Il y a des diagnostics qui nécessitent seulement des médecins. Alors les médecins sont en grève et, à notre niveau, on ne sait quoi faire. » Cette situation illustre un engrenage dangereux : sans médecin, les diagnostics complexes ne peuvent être posés, et les traitements adaptés ne sont pas administrés. Les patients les plus vulnérables, notamment ceux souffrant de pathologies lourdes, sont les premiers à en subir les conséquences. Certains rentrent chez eux sans soins, tandis que d’autres restent hospitalisés dans l’attente d’une prise en charge qui ne vient pas.

Ce que réclament les médecins

Le mouvement de grève ne vise pas les malades, insiste le syndicat. Jean Mputu, secrétaire adjoint provincial du SYNAMED, rappelle : « En dehors du serment d’Hypocrate, il y a aussi le testament d’Hypocrate, une recommandation pour les médecins d’avoir une vie d’aisance. Nous n’avons pas un problème contre les malades mais nous exigeons que le Gouvernement réponde à nos besoins. » Concrètement, trois revendications sont sur la table : l’intégration d’une paie complémentaire au salaire de base, la mécanisation de 1 000 médecins par trimestre, et l’alignement de la prime de risque pour 800 médecins chaque trimestre. Ces demandes visent à améliorer les conditions de vie des praticiens, mais aussi à renforcer le système de santé dans son ensemble. En effet, un médecin mieux rémunéré et mieux protégé est plus à même de fournir des soins de qualité. La mécanisation, c’est-à-dire l’intégration des médecins dans la fonction publique avec tous les avantages associés, permettrait de stabiliser les effectifs et d’éviter les départs vers d’autres provinces ou pays.

Un système de santé sous tension

Cette grève met en lumière la fragilité du système de santé dans la province. Sans médecin, les cas graves ne peuvent être correctement pris en charge. Les acteurs de la société civile s’inquiètent d’une possible aggravation de la situation sanitaire si le gouvernement ne répond pas rapidement. En attendant, les patients restent dans l’incertitude, certains rentrant chez eux sans avoir reçu les soins nécessaires. La situation au Kasaï‑Central n’est pas isolée : elle reflète des difficultés plus larges auxquelles sont confrontés de nombreux hôpitaux publics en République démocratique du Congo. Le manque de personnel qualifié, les salaires insuffisants et les conditions de travail précaires sont des problèmes récurrents qui affectent la qualité des soins. Pour les ménages, cette grève signifie des dépenses supplémentaires, car ils doivent parfois se tourner vers des structures privées plus coûteuses, ou renoncer aux soins, avec des conséquences potentiellement graves sur leur santé.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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