Actualité RDC du 01 juillet 2026 : la journée est dominée par l’emploi des jeunes, les alertes sécuritaires dans l’Est, la séquence institutionnelle autour de la loi référendaire et l’entrée de Kinshasa dans un mois diplomatique important au Conseil de sécurité de l’ONU.
À Kinshasa, Tshisekedi lance un programme pour l’emploi des jeunes
Le président Félix Tshisekedi a lancé au Palais de la Nation le programme Debout Jeunes Congolais, présenté comme un dispositif présidentiel centré sur l’emploi et l’entrepreneuriat. Selon les informations publiées par CongoQuotidien, le programme prévoit un financement global estimé à 1,3 milliard de dollars sur six ans, avec une première enveloppe annoncée de 50 millions de dollars.
L’objectif est d’organiser un parcours allant de la formation professionnelle à l’accompagnement des projets, puis à l’accès à l’emploi. Les secteurs cités couvrent notamment l’agriculture, les mines, l’énergie, le numérique, l’industrie, les infrastructures, l’économie verte et les chaînes de valeur locales. Le dispositif prévoit aussi un concours national des plans d’affaires simplifiés, le CONAPAS, destiné à identifier et financer des projets de jeunes.
Le programme affiche une volonté d’inclusion en ciblant aussi les jeunes femmes, les personnes vivant avec un handicap, les peuples autochtones, les jeunes ruraux, les déplacés internes et les populations vivant dans les zones affectées par les conflits. Sa portée dépendra désormais de sa capacité à transformer les montants annoncés en formations accessibles, en financements concrets et en opportunités vérifiables. Lire l’article complet sur le programme pour l’emploi des jeunes lancé à Kinshasa.
ADF : l’ONU documente plus de 1 000 civils tués en 2025
Dans l’Est, le Groupe d’experts de l’ONU attribue aux ADF plus de 1 000 victimes civiles en 2025. Le rapport classe ce groupe comme le deuxième affilié à l’État islamique le plus meurtrier au monde. La cellule d’Abwakasi est présentée comme la plus meurtrière au sein des ADF, avec plus de 600 morts civiles associées sur l’année.
Deux massacres illustrent cette trajectoire : 71 civils tués lors de funérailles à Nturo en novembre 2025 et 41 fidèles assassinés dans une église à Komanda le 26 juillet 2025. L’ONU signale également une expansion de la menace vers le Haut-Uele et la Tshopo, dans des zones moins couvertes par les forces de sécurité.
L’opération conjointe Shujaa, menée par l’Ouganda et la RDC, devait contenir les ADF. L’analyse rapportée souligne toutefois un effet de dispersion vers des espaces de gouvernance plus faible. En mars 2026, plus de 90 décès ont encore été recensés en un seul mois. Plus de détails dans l’article sur les massacres attribués aux ADF en Ituri et dans la Tshopo.
L’AFC/M23 désigné par l’ONU pour la majorité des violations
Un autre rapport onusien, publié le 11 juin 2026, attribue à l’AFC/M23 la plus grande part des violations du droit international humanitaire commises par un groupe armé non étatique dans l’Est de la RDC. Le document cite des exécutions systématiques, la destruction de villages et l’incendie de moyens de subsistance dans les chefferies de Bwito et de Bwisha, au Rutshuru.
À Minembwe, l’ONU mentionne aussi un blocus humanitaire privant la population Banyamulenge de produits de première nécessité. Le rapport accorde une attention particulière aux violences sexuelles liées au conflit, dont l’AFC/M23 est présenté comme le principal auteur recensé par l’ONU, dans un contexte où ces violences ont atteint depuis 2024 des niveaux qualifiés de sans précédent.
Le rapport ne limite pas les responsabilités aux groupes armés non étatiques : les FARDC sont aussi citées comme principal acteur étatique responsable de violations. L’enjeu central reste la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. Lire l’analyse sur le rapport de l’ONU sur l’AFC/M23 au Rutshuru.
La loi référendaire envoyée à la Cour constitutionnelle
La commémoration du 66e anniversaire de l’indépendance a été marquée par la décision de Félix Tshisekedi de déférer la loi référendaire à la Cour constitutionnelle avant toute promulgation. La présidence présente cette option comme une démarche institutionnelle inscrite dans le fonctionnement normal des pouvoirs publics.
Mais la saisine de la Cour ne met pas fin à la contestation. L’Église, la société civile et l’opposition, de Martin Fayulu au FCC de Joseph Kabila, annoncent une mobilisation nationale le 8 juillet contre toute révision de la Constitution. À Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo a alerté sur l’insécurité, la pauvreté et le risque d’un projet visant un troisième mandat, selon les éléments rapportés.
Cette séquence place la Cour constitutionnelle au centre du calendrier politique, tandis que le débat public reste traversé par les questions de paix, d’autorité de l’État et de respect du texte fondamental. Retrouvez le contexte dans l’article sur la loi référendaire transmise à la Cour constitutionnelle.
La RDC préside le Conseil de sécurité de l’ONU en juillet
Depuis ce 1er juillet 2026, la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette responsabilité intervient six mois après son entrée comme membre non permanent pour le mandat 2026-2027, et constitue la première présidence congolaise du Conseil depuis plus de trente ans, selon le ministère des Affaires étrangères.
Trois rendez-vous de haut niveau sont annoncés. Le 8 juillet, la Première ministre Judith Suminwa doit présider un briefing sur les violences sexuelles liées aux conflits. Le 13 juillet, Thérèse Kayikwamba Wagner conduira une réunion selon la formule Arria sur les ressources naturelles, les conflits et la paix. Le 21 juillet, Félix Tshisekedi présidera un débat public sur la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité.
La RDC entend porter une approche reliant paix, justice, développement, multilatéralisme, protection des civils et gouvernance des ressources. Lire l’article sur la présidence congolaise du Conseil de sécurité de l’ONU.
Or en Ituri : un écart majeur entre production et exportations
En Ituri, le Groupe d’experts de l’ONU documente un écart important entre la production aurifère estimée et les exportations officielles. Un site entre Mabanga et Nizi aurait produit entre mars 2024 et mars 2026 une valeur estimée entre 300 et 800 millions de dollars. Un autre site proche de Yedi aurait livré plus de deux tonnes depuis le début de 2025. Or, les exportations officiellement déclarées pour toute la province en 2025 ne s’élevaient qu’à 559 kg.
Le rapport indique qu’une grande partie de cet or irait vers l’Ouganda, dont les exportations aurifères ont atteint 62 tonnes en 2025, pour une valeur de 6,4 milliards de dollars. Les experts jugent cette progression largement attribuable à l’or provenant de la RDC.
À Djugu, l’ONU signale aussi l’essor de la lixiviation au cyanure, pratique interdite par la loi congolaise, avec 388 bassins recensés. Certains seraient contrôlés par des groupes armés locaux percevant des taxes. Lire l’enquête sur l’écart d’exportation de l’or en Ituri.
Denis Mukwege interpelle Félix Tshisekedi sur la justice et l’Est
Dans une lettre ouverte datée du 30 juin 2026, Denis Mukwege dresse un bilan critique de la gouvernance en RDC depuis 2019. Le Prix Nobel de la paix place la paix, la justice, la protection des populations et la souveraineté nationale au cœur de son interpellation au président Félix Tshisekedi.
Il critique la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est, l’état de siège, certains choix diplomatiques et les insuffisances de la réforme du secteur de la sécurité. Il regrette aussi l’absence d’avancées significatives sur la justice transitionnelle et la création d’un tribunal chargé de juger les crimes graves commis en RDC.
Denis Mukwege appelle également le chef de l’État à préserver l’unité du pays et à ne pas toucher à la Constitution. Son message rejoint ainsi, sur le terrain institutionnel, les tensions ouvertes autour du débat constitutionnel. Lire l’article sur l’interpellation de Denis Mukwege à Félix Tshisekedi.
Conclusion
Ce 1er juillet 2026 met en évidence une RDC confrontée à plusieurs fronts à la fois : emploi des jeunes, protection des civils, contrôle des ressources, justice, débat constitutionnel et diplomatie multilatérale. Les annonces et rapports du jour dessinent un même impératif : transformer les décisions institutionnelles en résultats visibles pour la population.
