L’actualité RDC 28 juin 2026 est dominée par la progression d’Ebola et la faim dans l’Est, mais aussi par des tensions sécuritaires, politiques et institutionnelles. Voici le débrief quotidien de CongoQuotidien.
Ebola et faim : l’Est sous une double pression
L’alerte la plus lourde concerne l’Est du pays, où l’ONU décrit une aggravation simultanée d’Ebola et de l’insécurité alimentaire. Selon les éléments rapportés dans l’article sur Ebola et la faim en RDC, les zones de santé touchées sont passées de 29 à 33 en une semaine.
Le seuil des 1 000 cas confirmés a été franchi, avec 267 décès enregistrés. Les centres de traitement sont fortement sollicités, avec un taux d’occupation des lits dépassant 80 %. Cette pression sanitaire se superpose à une crise alimentaire aiguë qui touche près de 2,9 millions de personnes dans les zones affectées.
À l’échelle de l’Est, 8,7 millions d’habitants peinent à se nourrir correctement. En Ituri, plus d’un million de personnes nécessitent une aide alimentaire d’urgence. L’ONU cite aussi l’insécurité persistante, le manque de financement et la perturbation des marchés. Moins d’un tiers des familles touchées bénéficient actuellement d’un soutien alimentaire.
Riposte Ebola : Kinshasa et six provinces sous consignes
La riposte administrative se précise. Le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a signé deux télégrammes officiels le 26 juin 2026. Comme le détaille l’article sur les consignes contre Ebola, Kinshasa, la Tshopo, le Bas-Uele et le Haut-Uele sont appelés à éviter les attroupements de masse et à mettre en observation tout cas suspect.
Ces provinces sont visées en raison des mouvements de population avec les zones touchées. L’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, présentés comme affectés par le virus, doivent renforcer les mesures barrières. Les télégrammes interviennent quelques jours après le signalement, en France, d’un cas d’Ebola chez un humanitaire de retour de la RDC.
Le message officiel reste centré sur la prudence et la coordination entre le ministère de l’Intérieur, les gouverneurs et les dispositifs provinciaux. Aucun détail supplémentaire n’est donné sur de nouvelles restrictions générales.
Walikale : calme fragile après les combats à Banamulema
Sur le front sécuritaire, une accalmie précaire était observée dimanche après-midi sur l’axe Maruho-Mura, dans la localité de Banamulema, en territoire de Walikale. D’après le récit des combats à Banamulema, des affrontements ont opposé le matin les rebelles de l’AFC M23 aux wazalendo.
Les éléments de l’AFC M23 seraient venus de Bukumbirwa, dans le groupement Ikobo, avant de viser des positions wazalendo près de Kalinga. Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues sur l’axe Maruho-Mura. Aucun bilan humain ou matériel n’était disponible au moment des informations rapportées.
Le fait le plus documenté concerne le déplacement d’habitants de Maruho et Mura vers la brousse. À Kalinga, la crainte d’une extension des combats demeure. Les wazalendo auraient repoussé les assaillants vers Bukumbirwa et consolidé leur présence dans la zone.
Kinshasa : l’A.Ch appelle à la marche C64 du 8 juillet
À Kinshasa, l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund appelle ses militants et les Congolais à participer à la marche C64 prévue le 8 juillet 2026. Dans l’article consacré à la marche C64, Jean Paleke Atwana Tonay affirme que l’Hôtel de Ville a été informé de cette manifestation.
La coalition C64 demande la démission de Félix Tshisekedi, qu’elle accuse de ne pas avoir respecté ses obligations constitutionnelles. Ses responsables présentent la marche comme pacifique et sans armes. Ils disent attendre une réponse de l’Hôtel de Ville, tout en estimant qu’il ne s’agit pas d’une demande d’autorisation mais d’une notification.
Le contexte reste sensible après de précédentes actions de terrain, notamment un sit-in devant le Palais du Peuple qui avait dégénéré en violences. L’A.Ch appelle les participants à la vigilance face à d’éventuelles tentatives d’infiltration, tout en réaffirmant l’option pacifique.
Betika et l’EUFKIN Lipopo signent pour cinq ans
Le sport local enregistre un partenariat structurant. Au Stade des Martyrs, Betika et l’Entente Urbaine de Football de Kinshasa/Lipopo ont signé un protocole d’accord de cinq ans. Selon l’article sur le partenariat Betika-EUFKIN Lipopo, l’accord vise à soutenir le football de base en RDC.
Betika prendra en charge les frais d’affiliation et de participation des clubs engagés dans les compétitions de l’entente. L’entreprise prévoit aussi de fournir progressivement des équipements sportifs, dont des maillots, des ballons et d’autres matériels.
Le partenariat inclut également la réhabilitation des bureaux de l’EUFKIN/Lipopo, afin d’améliorer l’organisation administrative des compétitions locales. Pour les responsables de l’entente, cet appui doit offrir de meilleures conditions aux clubs et aux jeunes joueurs.
Loi anticorruption : le gouvernement ouvre la séquence parlementaire
Sur le terrain institutionnel, le gouvernement a adopté le 26 juin 2026 un projet de loi portant lutte contre la corruption. Comme l’explique l’article sur la loi anticorruption, le texte doit renforcer la prévention, la détection, la répression, les procédures, la coopération internationale et le recouvrement des avoirs illicites.
Présenté au Conseil des ministres au nom du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, le projet s’appuie sur plusieurs articles de la Constitution. Il vise notamment à élargir le champ d’application des mécanismes juridiques contre la corruption et les infractions assimilées.
Une innovation importante concerne le secteur privé, avec l’idée d’imposer des dispositifs internes de prévention contre la corruption. Le texte doit désormais être transmis au Parlement pour examen par l’Assemblée nationale et le Sénat.
Delly Sesanga empêché de voyager
Enfin, l’opposant Delly Sesanga, président du parti Envol, a été empêché de quitter le pays après le blocage de son passeport par les services de l’immigration congolaise. Selon l’article sur le passeport bloqué de Delly Sesanga, il devait rejoindre l’Europe pour des soins médicaux.
Aucun motif officiel n’a été communiqué à ce stade. Les informations disponibles ne précisent ni le lieu exact de l’incident, ni la procédure ayant conduit à la décision, ni l’existence d’une notification écrite. Le fait établi est le blocage du document et le refus d’embarquement qui en a résulté.
Dans un contexte de tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition, cette affaire pose une question institutionnelle sur la justification formelle d’une restriction de voyage visant une personnalité politique. La suite dépendra d’éventuelles précisions des services concernés ou des démarches de l’intéressé.
Conclusion
Ce 28 juin 2026, la RDC fait face à des urgences multiples : santé publique, faim, sécurité, gouvernance et tensions politiques. Le suivi des prochains jours sera décisif, notamment sur Ebola, Walikale, la marche C64 et l’examen parlementaire du projet anticorruption.
