À Mbuji-Mayi, la Journée nationale du poisson, célébrée chaque 24 juin en République démocratique du Congo, intervient cette année dans un contexte particulier pour les marchés. Les vendeurs signalent une présence inhabituelle de poissons sur les étals, une situation qu’ils présentent comme une amélioration nette par rapport aux années précédentes. Pour les ménages, cette offre plus abondante se traduit déjà par une baisse du prix du poisson sur certains produits, notamment les fretins.
Dans les marchés Dibindi et Wetrafa, les commerçants proposent plusieurs variétés de poissons venus du Haut-Lomami et du Tanganyika. Poisson fumé, salé ou frais : les produits sont visibles en quantité, selon les sources locales. Cette disponibilité s’explique par l’approvisionnement assuré par ces deux provinces depuis la période qui suit la fermeture de la pêche dans le Kasaï-Oriental.
Une offre renforcée après la fermeture de la pêche
Le mécanisme décrit par les vendeurs est simple. Après la fermeture de la pêche, particulièrement vers juin et juillet, les circuits commerciaux sont davantage alimentés par les poissons en provenance d’autres provinces. Cette année, les arrivages semblent plus importants, au point de modifier les prix observés sur certains étals de Mbuji-Mayi.
Nicole Tshiala, vendeuse de poissons, résume cette évolution à partir du prix des fretins. « Après la fermeture de la pêche, vers le mois de juin et juillet, les poissons inondent les marchés. Ces fretins, nous les vendons souvent à 23 000 francs congolais. Actuellement, (ils reviennent) à 15 000, parce qu’il y a abondance », explique-t-elle. La différence est concrète pour les acheteurs : le même produit, présenté comme plus disponible, devient plus accessible.
Cette baisse du prix du poisson ne concerne pas seulement un chiffre. Elle renseigne aussi sur l’effet immédiat d’une offre plus élevée dans les marchés. Quand les produits arrivent en quantité, les vendeurs disposent de davantage de marchandise, tandis que les clients peuvent acheter à un coût jugé plus équilibré par certains consommateurs.
Un répit pour les ménages de Mbuji-Mayi
Pour les familles de Mbuji-Mayi, cette abondance arrive dans un contexte de flambée générale des prix. La baisse observée sur certains poissons est donc perçue comme un soulagement dans les dépenses alimentaires. Sans modifier à elle seule le coût global du panier des ménages, elle rend l’achat de poisson moins lourd pour une partie des consommateurs.
Olivier Tshibangu, client rencontré à Bonzola, relie cette évolution aux arrivages récents. « Nous avons vu ces derniers temps, les camions venir déposer la marchandise. C’est une grande joie puisque les poissons se vendaient à un prix très élevé, maintenant ça se vend à un prix équilibré. C’est vraiment la satisfaction pour nous la population de Mbuji-Mayi », déclare-t-il.
Son témoignage met en évidence l’effet pratique de l’abondance : une marchandise plus présente sur les marchés et des prix ressentis comme moins élevés. Dans une ville où les ménages sont déjà confrontés à la hausse d’autres produits, cette évolution donne une marge de respiration, même si elle reste liée aux disponibilités actuelles.
Des marges plus serrées pour les vendeurs
L’amélioration de l’offre ne produit pas les mêmes effets pour tous les acteurs du marché. Si les consommateurs y trouvent un avantage immédiat, certains vendeurs s’inquiètent de la diminution de leurs marges. L’abondance pousse les prix vers le bas, ce qui peut réduire le gain réalisé sur chaque vente.
Cette situation illustre une logique économique courante mais importante à comprendre. Lorsque les étals sont mieux approvisionnés, les clients peuvent comparer et acheter à des prix plus abordables. Pour les commerçants, en revanche, l’équilibre dépend du volume vendu et du niveau de prix qu’ils peuvent maintenir. La source ne donne pas d’autres chiffres sur leurs revenus, mais elle indique clairement que cette abondance suscite aussi des préoccupations du côté des vendeurs.
Le PRONANUT voit une opportunité nutritionnelle
Au-delà du marché, la disponibilité du poisson est aussi présentée comme une occasion favorable sur le plan nutritionnel. Pour Ezéchiel Mbaya, coordonnateur provincial du Programme national de nutrition, PRONANUT, cette offre accrue constitue une opportunité à saisir. Le poisson est décrit par les nutritionnistes comme une excellente source de protéines, de vitamine D et d’oméga-3.
Selon ces indications, sa consommation contribue à protéger le cœur et à stimuler le cerveau. Pour mieux profiter de ces apports, les nutritionnistes recommandent d’en consommer deux fois par semaine, en alternant poisson gras et poisson maigre. Dans le contexte actuel de Mbuji-Mayi, l’enjeu est donc double : soutenir l’accès des ménages à un aliment apprécié et utiliser l’abondance du moment pour améliorer les choix alimentaires.
La situation reste toutefois liée aux arrivages observés dans les marchés et aux circuits commerciaux qui alimentent la ville. Pour les consommateurs, le bénéfice immédiat se mesure dans la baisse de certains prix. Pour les vendeurs, il se traduit par un ajustement des marges. Entre économie familiale et nutrition, la Journée nationale du poisson donne ainsi à Mbuji-Mayi un exemple concret de l’effet direct de l’offre sur les marchés.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
