Le Kongo Music Expo 2026 a placé la structuration juridique et financière de la filière musicale au centre de sa deuxième édition, organisée du 17 au 20 juin 2026. À Kinshasa, les échanges ont porté sur un enjeu précis : donner aux artistes et aux professionnels les outils nécessaires pour mieux identifier leurs droits, organiser leurs œuvres et accéder aux mécanismes d’accompagnement disponibles.
Conférences, masterclass, panels, ateliers et rencontres professionnelles ont rythmé cette édition, avec une orientation claire vers la professionnalisation du secteur. L’objectif présenté par les organisateurs et les intervenants était de soutenir une industrie musicale capable de mieux défendre ses revenus, de renforcer son marché du disque et de prendre part à la diversification des économies nationales, dans le cadre des industries culturelles et créatives.
Droits d’auteur musicaux et catalogues
La première conférence a été consacrée au thème « Droits d’auteur, édition et musique à l’image : structurer et capter les revenus ». Elle a réuni des professionnels de l’écosystème musical autour de la gestion des droits, de l’édition musicale et de la valorisation des œuvres par les supports audiovisuels.
Les échanges ont été animés par Béril Nzila, expert en ingénierie culturelle et directeur de Kangrouv Industry en République du Congo. Julien Jaubert, éditeur et producteur au sein de Topomic France, et Randy Kalay, juriste et expert en propriété intellectuelle, ont apporté leurs analyses sur les conditions permettant aux artistes de mieux contrôler l’exploitation de leurs œuvres.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité, pour les artistes africains, de structurer leurs catalogues et de s’approprier les outils permettant de percevoir des revenus parfois qualifiés « d’invisibles ». Julien Jaubert a notamment rappelé que les perspectives économiques d’une chanson ne se limitent pas au streaming ou aux concerts, en citant la synchronisation, la publicité et d’autres usages possibles.
Selon lui, l’édition musicale repose aussi sur le temps long. Une œuvre peut trouver une nouvelle exposition plusieurs années après sa création. Cette approche donne un rôle central à l’organisation des droits et à la capacité de suivre les usages d’une chanson dans différents circuits.
Financement de la musique en examen
La seconde conférence a porté sur « Le financement de la musique : dispositifs, partenaires et opportunités ». Elle a présenté aux participants les mécanismes d’accompagnement existants pour soutenir la création et l’entrepreneuriat culturel.
La rencontre a été modérée par Élodie Cacheux, cheffe de projet du Pôle EUNIC RDC. Elle a réuni Aristote Ikoua, chef de service communication et marketing du Fonds de promotion culturelle de la RDC, Grace Nzanga, Head Brand and External Communication chez Orange RDC, ainsi qu’Oscar Finjean, chargé des projets Musiques actuelles, Jazz et Innovations à l’Institut Français de Kinshasa.
Au cours de ce panel, les participants ont reçu des indications sur les dispositifs d’appui, les critères d’éligibilité et les possibilités de partenariat ouvertes aux acteurs de la filière musicale. Le financement de la musique a ainsi été abordé sous l’angle des procédures, des pièces à fournir et des conditions d’accès aux programmes existants.
Le Fonds de promotion culturelle précise les conditions
Aristide Ikoua a détaillé les modalités d’accompagnement proposées par le Fonds de promotion culturelle de la RDC, notamment pour les subventions et les prêts. Il a indiqué que le Fonds accompagne les personnes physiques et les personnes morales, avec des exigences distinctes selon le profil du demandeur et la nature de l’appui sollicité.
Pour une personne physique demandant une subvention, les éléments cités sont une pièce d’identité en cours de validité, une carte d’artiste et une description du projet. Dans le cas d’un prêt, une garantie est exigée. Pour les personnes morales, l’accès passe par la présentation d’une attestation d’existence juridique délivrée par le ministère de la Justice ou celui de la Culture.
Ces précisions ont permis de ramener le débat sur un point opérationnel : l’accès aux financements dépend aussi de la capacité des porteurs de projets à constituer des dossiers conformes aux exigences des institutions concernées. Dans cette perspective, la formation des professionnels apparaît comme un levier pratique pour réduire les difficultés liées à l’information et à la procédure.
Clôture annoncée à la Grande Halle
Après les discussions professionnelles, le public a assisté à une série de prestations réunissant Naek, Kratos Beat, Mirhego Akitowa, Tia Matoyi Musique, projet Musikfabrik Allemagne–RDC, et Raykaa. Cette séquence a prolongé les échanges dans un cadre artistique, en mettant en avant plusieurs expressions musicales présentes à cette édition.
Après trois jours de rencontres professionnelles, de débats et de partage d’expériences autour des industries musicales africaines, le Kongo Music Expo 2026 doit se clôturer à l’occasion de la Fête de la Musique. La soirée de clôture est prévue le samedi 20 juin 2026 à partir de 18h30 à la Grande Halle, avec des prestations annoncées de Mariusca, Éloquent Grand B, Article 15, Bazzarba, Samarino et Bogo The Goat.
Le bilan présenté à l’issue de cette édition reste centré sur la structuration du secteur. Les faits rapportés montrent une volonté de relier les questions de droits d’auteur musicaux, de financement de la musique et d’accompagnement professionnel, sans dissocier la création artistique des règles nécessaires à son exploitation économique.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
