Deux entités du territoire de Beni ont officiellement changé de statut depuis vendredi 19 juin. Oicha, anciennement commune, devient ville. Kasindi-Lubirigha, située à environ 85 kilomètres de la ville de Beni, est désormais érigée en commune rurale. Cette décision du Gouvernement congolais matérialise une étape attendue dans le processus de décentralisation locale au Nord-Kivu.
Les nouvelles autorités ont été installées le même jour, au cours de cérémonies organisées simultanément. La mesure modifie l’organisation administrative de deux espaces importants du territoire de Beni, dans une province où la gouvernance locale reste liée aux enjeux de sécurité, de services publics et de développement.
Oicha devient ville sous Faustin Siluhwere
À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Beni, Faustin Siluhwere a été investi comme premier maire de la nouvelle ville. Il sera secondé par Emmanuel Kaalumba Kahindo, nommé maire adjoint.
La cérémonie d’installation s’est tenue au bureau de l’ancienne commune d’Oicha. Elle a été présidée par le coordonnateur provincial chargé de l’administration, de la décentralisation et des affaires coutumières. Ce cadre institutionnel marque le passage formel d’Oicha vers son nouveau rang administratif.
Dans sa prise de parole, le nouveau maire a placé la sécurité au centre de son action. Il a affirmé sa détermination à restaurer la paix et à renforcer la stabilité de sa juridiction. Cette orientation intervient dans une zone confrontée à des défis sécuritaires persistants, selon les faits rapportés.
Kasindi-Lubirigha installée en commune rurale
Au même moment, Kasindi-Lubirigha accédait à son nouveau statut à la frontière congolo-ougandaise. L’entité, connue pour son activité économique intense, devient une commune rurale dotée de ses premières autorités locales.
Gilbert Bwambale Mughanirya a été installé comme bourgmestre. Baraka Sau Muhindo exercera les fonctions de bourgmestre adjoint. Leur nomination donne un cadre administratif propre à cette entité frontalière, appelée à gérer ses affaires locales dans le nouveau dispositif.
Le changement de statut de Kasindi-Lubirigha revêt un intérêt particulier en raison de sa position à la frontière entre la RDC et l’Ouganda. La source indique que cette entité joue un rôle clé dans les échanges commerciaux entre les deux pays. Le nouvel échelon administratif devra donc s’inscrire dans cette réalité territoriale, sans que d’autres mesures spécifiques aient été annoncées dans les éléments disponibles.
Une décision inscrite dans la décentralisation
La transformation d’Oicha et de Kasindi-Lubirigha s’inscrit dans la politique de décentralisation engagée par les autorités congolaises. L’objectif indiqué est de rapprocher l’administration des populations et de répondre plus efficacement aux besoins locaux.
Selon les informations fournies, le processus de transformation administrative avait été initié en 2013. Sa concrétisation intervient près de 13 ans après son lancement. Ce calendrier souligne le caractère progressif de la réforme et l’importance de son application formelle sur le terrain.
Au-delà de l’installation des responsables, les deux entités disposent désormais d’une autonomie administrative accrue. Cette évolution doit leur permettre de concevoir et de mettre en œuvre leurs propres plans de développement, dans les limites de leurs nouvelles compétences.
Des attentes locales sous contrainte sécuritaire
Les effets attendus concernent notamment la sécurisation, la gestion des services publics et l’amélioration des infrastructures. Ces domaines sont cités comme des priorités dans une région confrontée à plusieurs défis. Les nouvelles autorités devront donc inscrire leur action dans un contexte institutionnel élargi, mais encore fragile.
Pour Oicha, la priorité sécuritaire a déjà été mise en avant par Faustin Siluhwere. Pour Kasindi-Lubirigha, le nouveau statut ouvre un cadre de gestion locale dans une entité frontalière stratégique. Dans les deux cas, la suite dépendra de la capacité des autorités installées à traduire cette réforme administrative en actes concrets, sans préjuger des résultats à venir.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
