Une rencontre entre le ministre de la Justice et des figures de l’opposition, survenue au lendemain d’une manifestation réprimée, soulève des interrogations sur la transparence du dialogue politique en République démocratique du Congo. Selon des informations recueillies, Guillaume Ngefa a échangé vendredi soir avec Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund-a-Kabund, dans un contexte marqué par des versions contradictoires des faits.
Une initiative ministérielle aux contours flous
D’après une source proche du dossier, le ministre de la Justice souhaitait vérifier la réalité des événements survenus lors du sit-in de la Coalition C64 devant le Palais du Peuple. Cette démarche faisait suite aux déclarations de la vice-ministre de l’Intérieur, qui avait qualifié la manifestation de « mise en scène ». La source indique que Guillaume Ngefa « a constaté que sa collègue avait tort », sans toutefois préciser les éléments qui ont fondé cette appréciation. L’opposant Delly Sesanga, également pressenti pour cette rencontre, n’a pu y participer en raison de son état de santé.
Un communiqué officiel contesté
Dans un communiqué publié samedi, le ministre de la Justice a affirmé avoir « rencontré les responsables des formations politiques d’opposition concernées par les manifestations ». Il a précisé que ces échanges avaient permis de « revenir en détail sur les circonstances des incidents, d’en analyser les causes et d’en évaluer les conséquences ». Cette version est toutefois remise en cause par Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi. Membre du présidium de la Coalition C64, il a déclaré n’avoir été ni contacté ni reçu. « Le ministre de la Justice nous a rencontrés en rêve ou je ne sais pas dans quelle circonstance », a-t-il ironisé lors d’un échange en ligne animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.
Un dialogue national réclamé
Au-delà de la controverse sur la tenue même de la réunion, Dieudonné Bolengetenge a pointé l’absence de communication conjointe à l’issue de cette prétendue rencontre. « Pourquoi n’avons-nous pas eu la possibilité de nous exprimer devant la presse, comme nous l’avons fait au sortir de notre rencontre avec le gouverneur de province il y a quarante-huit heures ? », s’est-il interrogé. Sur le fond, il a appelé le pouvoir à cesser ce qu’il qualifie de manœuvres dilatoires. « Faut arrêter de blaguer comme ça avec le sort de toute une nation », a-t-il lancé, plaidant pour un dialogue national inclusif. Il a également mis en cause la légitimité représentative du camp favorable à une révision constitutionnelle, demandant : « Il faut nous sortir la liste de cette formation politique pour qu’on voie qui représente au sein de l’opposition et de l’opinion nationale. »
Des implications pour la confiance publique
Ces divergences de récits illustrent la difficulté à établir un dialogue politique apaisé et transparent. Pour les citoyens, l’enjeu est de taille : la crédibilité des institutions et la capacité des acteurs politiques à résoudre les crises par la concertation. L’absence de communication claire et partagée peut nourrir la défiance et compliquer la recherche de solutions durables. Dans ce contexte, la demande d’un dialogue national inclusif, formulée par une partie de l’opposition, apparaît comme une piste pour dépasser les blocages actuels. Reste à savoir si les autorités y répondront de manière à rétablir la confiance.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
