La célébration de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, ce 13 juin, a été l’occasion pour la ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, Me Irène Esambo Diata, de dresser un bilan des actions gouvernementales. Si les annonces traduisent une volonté politique affichée, elles soulèvent aussi la question de leur traduction concrète dans le quotidien des personnes atteintes d’albinisme en République démocratique du Congo.
Un cadre légal renforcé, mais une mise en œuvre à évaluer
La ministre a rappelé que la loi organique portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap intègre, en son article 2 point k, les personnes atteintes d’albinisme parmi les bénéficiaires. Cette reconnaissance juridique constitue une avancée, mais elle ne prend tout son sens que si elle s’accompagne de mesures effectives. À cet égard, l’annonce d’une évaluation nationale de la Déclaration de Kinshasa, adoptée lors du Colloque panafricain de 2020, est un signal important. Plus de cinq ans après, il s’agit de mesurer les progrès accomplis et d’identifier les blocages persistants.
Des initiatives structurantes en phase de finalisation
Parmi les réalisations mises en avant, le Programme national de protection, de promotion et de participation des personnes atteintes d’albinisme, élaboré avec l’appui des Nations Unies, est en phase finale de validation. Ce programme pourrait offrir un cadre cohérent pour coordonner les actions. Par ailleurs, la création d’un Centre national de recherches sur l’albinisme et de fabrication de produits dermatologiques adaptés, dont l’immeuble devrait être livré avant la fin du mois, répond à un besoin crucial : l’accès à des soins spécifiques, notamment des crèmes solaires, pour prévenir les cancers de la peau, fléau qui touche particulièrement cette population.
Un symbole fort : une nomination inédite
La nomination d’une personne atteinte d’albinisme à la tête du Secrétariat général de l’administration des PVH-APV est une première en RDC. Ce geste, au-delà de sa portée symbolique, pourrait favoriser une meilleure prise en compte des réalités vécues par les personnes albinos dans l’élaboration des politiques publiques. Il reste à voir si cette nomination se traduira par une influence réelle sur les décisions.
Un plaidoyer pour une mobilisation élargie
La ministre a appelé les secteurs publics et privés à renforcer leur engagement. Cet appel est crucial car la protection des personnes atteintes d’albinisme ne peut reposer uniquement sur l’État. La remise symbolique de produits dermatologiques lors de la cérémonie illustre les besoins concrets, mais elle ne saurait masquer l’urgence d’un accès durable et généralisé à ces produits. La célébration, placée sous le thème « Fier dans notre peau, célébrons toutes les couleurs », a aussi coïncidé avec l’anniversaire du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont l’implication dans la défense des personnes vulnérables a été saluée. Reste à transformer ces engagements en une réalité tangible pour chaque personne albinos en RDC.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
