Dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, la persistance des affrontements armés a conduit à la fermeture de trente écoles primaires et secondaires, selon un rapport de la société civile du secteur de Katoyi. Ce chiffre, qui ne représente qu’une partie de la crise, illustre comment l’insécurité prive des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation, à l’approche de la fin de l’année scolaire 2025-2026.
Un décompte précis dans le secteur de Katoyi
La coordination locale de la société civile a recensé, dans le seul secteur de Katoyi, 10 écoles secondaires et 20 écoles primaires fermées ou devenues inaccessibles. Ces établissements sont soit directement endommagés par les combats, soit situés dans des zones où la présence des groupes armés rend tout déplacement trop risqué pour les élèves et les enseignants. Les affrontements opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23, et leur récurrence a lourdement affecté le fonctionnement du système éducatif local.
Une paralysie qui dépasse Katoyi
La crise ne se limite pas à ce secteur. Dans le secteur d’Osso Banyungu et en chefferie des Bahunde, d’autres écoles n’ont plus fonctionné depuis novembre 2025. Les violences armées y ont perturbé presque toute l’année scolaire, empêchant la poursuite normale des cours. Les autorités de la province éducationnelle Nord-Kivu 3 confirment cette situation et précisent que certains élèves finalistes du primaire, de la 8e de base et de la 4e des humanités ont pu être transférés vers des centres d’examens encore opérationnels pour participer aux épreuves nationales.
Apprendre dans la peur et l’incertitude
Même lorsque les écoles restent ouvertes, les conditions d’apprentissage sont extrêmement difficiles. Dans des localités comme Nyamaboko, Ufamandu, les environs de Nyabiondo, Ngungu et Rubaya, les cours sont régulièrement interrompus par la reprise des combats. Le rapport de la société civile souligne que les élèves étudient dans un climat marqué par l’incertitude, la peur et une forte anxiété liée à la proximité des violences. Cette instabilité affecte non seulement la continuité pédagogique, mais aussi le bien-être psychosocial des enfants, un aspect souvent négligé dans les situations d’urgence.
Une réponse humanitaire ciblée mais limitée
Face à cette dégradation, l’ONG ActionAid a lancé en février 2026 un projet d’éducation d’urgence de 18 mois, qui s’étendra jusqu’en juillet 2027. Déployé dans la zone de santé de Kiroshe, en chefferie des Bahunde, ce projet vise à rétablir l’accès à une éducation sûre, renforcer la protection des enfants et soutenir les femmes vulnérables. Cette initiative intervient dans un contexte provincial alarmant : en février 2026, ActionAid estimait que plus de 431 000 enfants étaient hors du système scolaire et que 1 142 écoles étaient fermées à travers le Nord-Kivu. Sans amélioration du contexte sécuritaire, les efforts pour garantir une éducation pour tous risquent de rester insuffisants, laissant une génération entière face à un avenir incertain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
