L’arrivée continue de déplacés en provenance de zones touchées par Ebola dans les sites de l’Ituri expose des milliers de personnes à un risque sanitaire accru, alors que les mesures de prévention restent largement insuffisantes. Selon des sources médicales contactées lundi 8 juin, des déplacés venant principalement de Mongwalu, l’un des principaux foyers de la maladie, continuent de rejoindre certains sites, notamment celui de Djaiba, à Fataki. Cette situation crée une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà fragiles, où l’accès à l’eau potable et aux dispositifs d’hygiène fait défaut.
Un afflux à risque depuis Mongwalu
Les mouvements de population depuis Mongwalu, zone active de l’épidémie d’Ebola, vers les sites de déplacés de l’Ituri constituent un facteur de risque documenté par les acteurs de santé. Ces derniers indiquent que les nouveaux arrivants, en provenance directe d’un foyer épidémique, peuvent introduire le virus dans des environnements où la promiscuité et le manque d’hygiène favorisent la transmission. Le site de Djaiba, à Fataki, est particulièrement concerné par ces arrivées récentes. Pour les responsables des sites et les professionnels de santé, chaque nouvel arrivant non contrôlé représente une menace potentielle pour les communautés déjà installées, souvent composées de personnes vulnérables ayant fui les violences armées.
Des mesures de prévention quasi absentes dans plusieurs sites
Le constat est alarmant : dans la plupart des sites de déplacés, aussi bien à Bunia qu’à l’intérieur de la province, les mesures de prévention contre Ebola restent très limitées. À Kigonze et à l’ISP, par exemple, qui abritent près de trente mille personnes, seuls quelques dispositifs de lavage des mains sont disponibles, un nombre largement insuffisant pour couvrir les besoins. L’accès à l’eau potable, pourtant essentiel pour l’hygiène et la prévention, demeure un défi quotidien pour de nombreuses familles. Ce manque d’infrastructures de base complique l’application des gestes barrières, comme le lavage régulier des mains, recommandés pour limiter la propagation du virus.
Un appel à intensifier les actions de protection
Face à cette situation, les comités de déplacés et les acteurs sanitaires de l’Ituri demandent aux autorités congolaises et à leurs partenaires d’intensifier les actions de prévention. Ils insistent sur la nécessité d’installer davantage de points de lavage des mains, de distribuer du matériel d’hygiène et de renforcer le suivi sanitaire dans les sites. Ces mesures visent à protéger la vie des personnes déplacées, particulièrement exposées en raison de leurs conditions de vie précaires. Le même constat de carence est fait dans d’autres sites à la périphérie de Bunia, comme à Mbala, Tséré, et dans de nombreux sites du territoire de Djugu, où les besoins restent criants.
L’enjeu est de taille : sans un renforcement rapide des dispositifs de prévention, le risque de voir l’épidémie se propager dans ces zones densément peuplées et vulnérables pourrait s’aggraver. Les acteurs de terrain rappellent que la prévention reste l’outil le plus efficace pour éviter une crise sanitaire supplémentaire dans une province déjà éprouvée par les déplacements de population.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
