La séance plénière prévue ce lundi 9 juin 2026 au siège de l’assemblée provinciale du Haut-Lomami à Kamina n’a pu se tenir. Les services de sécurité ont bloqué l’accès aux lieux, empêchant l’installation du bureau d’âge. La police a fait usage de balles réelles pour disperser les députés, faisant plusieurs blessés, dont une élue, et procédant à des arrestations.
Une délocalisation encadrée par le règlement intérieur
Face à ces incidents, la plénière a été délocalisée vers le bureau administratif de l’institution. Selon le rapporteur de l’organe délibérant, cette décision s’appuie sur l’article 8, alinéa 4 du règlement intérieur, qui autorise une telle mesure en cas de circonstances exceptionnelles. Le blocage policier aurait fait suite à des instructions données par certaines autorités locales, d’après des sources locales. Cette disposition réglementaire permet à l’assemblée de poursuivre ses travaux en dehors de son hémicycle lorsque la sécurité ou l’accès ne sont plus garantis. La délocalisation, bien que prévue par les textes, reste une procédure rare qui souligne la gravité de la situation à Kamina.
Examen prioritaire de la motion de censure
Le bureau d’âge en cours d’installation a des missions précises, détaillées par le rapporteur Senghor Kabondo Sengwa. Les députés doivent d’abord examiner la recevabilité de la motion de censure déposée en mai contre les cinq membres du bureau actuel. Une plénière sera ensuite convoquée, au cours de laquelle les membres visés devront s’expliquer devant leurs pairs avant un vote sur leur éventuelle déchéance. Cette étape est cruciale car elle conditionne la suite du processus législatif provincial. Le bureau d’âge, une fois installé, dispose d’un mandat limité mais essentiel : valider la procédure de censure et organiser le débat contradictoire. Le calendrier de ces travaux reste suspendu à la capacité des députés à siéger dans des conditions de sécurité acceptables.
Silence des parties adverses et de la police
Le camp des députés opposés à la tenue de cette plénière n’a pas pu être joint. Contacté par Radio Okapi, le commissaire provincial de la police du Haut-Lomami a refusé de s’exprimer sur ces incidents. Ce mutisme des autorités policières et des opposants à la séance laisse planer des incertitudes sur les responsabilités et les suites de cette journée. L’absence de communication officielle alimente les interrogations sur les motivations du blocage et sur le respect des procédures parlementaires. Les blessés et les arrestations signalés n’ont pas fait l’objet d’un bilan officiel, et aucune information n’a filtré sur l’état de santé de l’élue blessée. La situation demeure tendue à Kamina, où les travaux de l’assemblée provinciale sont désormais suspendus à une clarification des conditions de sécurité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
