La réaction du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, face à l’annonce d’une plainte de l’opposition contre le Président Félix Tshisekedi, a été rendue publique ce lundi 8 juin. Il a qualifié cette démarche d’infondée et dénuée de pertinence dans le contexte actuel du pays.
Une plainte jugée inopportune par le gouvernement
Jean-Pierre Lihau a exprimé son désaccord avec l’initiative de la plateforme C64, qui regroupe des opposants tels que Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Matata Ponyo. Ces derniers prévoient de déposer une plainte contre le Président de la République et ses proches pour tentative de confiscation du pouvoir par la force.
Pour le Vice-Premier ministre, cette action est malvenue. Il a déclaré : « La seule vraie plainte valant aujourd’hui la peine d’être déposée, c’est celle contre l’agresseur Paul Kagame, qui occupe illégalement une partie de notre territoire et dont les actions ont fait massacrer des millions de Congolais. »
L’argument de la priorité nationale
Jean-Pierre Lihau a insisté sur le fait que les efforts devraient se concentrer sur la situation sécuritaire du pays. Il a estimé que s’attaquer au chef de l’État en période de crise est une attitude incongrue et antipatriotique. Selon lui, le Président tient les commandes de l’avion Congo en pleines zones de turbulences.
Cette position vise à recentrer le débat sur ce que le gouvernement considère comme l’urgence nationale : l’occupation d’une partie du territoire par des forces étrangères et les violences qui en découlent.
Un risque de discrédit pour l’opposition
Le Vice-Premier ministre a également mis en garde l’opposition contre les conséquences de son initiative. Il a affirmé que si elle persiste, elle risque de se discréditer aux yeux de l’opinion publique. « Si l’opposition dépose cette plainte ridicule contre le Président de la République, elle va se discréditer », a-t-il ajouté.
Cette déclaration intervient alors que la plateforme C64 maintient son intention de saisir la justice. La plainte annoncée pour ce mardi 9 juin vise à dénoncer une tentative de confiscation du pouvoir par la force, une accusation grave dans le contexte politique congolais.
Un contexte de tensions politiques et sécuritaires
La réaction de Jean-Pierre Lihau s’inscrit dans un climat de tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition. Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires majeurs, le gouvernement appelle à l’unité nationale et rejette les initiatives qu’il juge de nature à affaiblir les institutions.
La plainte annoncée par la C64 pourrait ouvrir un nouveau front judiciaire, mais le Vice-Premier ministre a clairement indiqué que l’exécutif n’y voit aucune légitimité. Les prochaines étapes de cette procédure seront scrutées, tant sur le plan juridique que politique.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
