Dix civils enlevés lors de l’attaque attribuée aux ADF le 6 juin 2026 à Makwangi, dans le groupement Bayaku, chefferie des Babila-Bakwanga, territoire de Mambasa (Ituri), ont été libérés le matin du lundi 8 juin. L’information a été confirmée par l’ONGDH Protection Plus, qui précise que les otages ont été relâchés avec six autres pygmées, portant à dix le nombre total de personnes rendues à la liberté.
Un bilan humain encore provisoire
L’organisation de défense des droits humains salue cette libération, tout en rappelant qu’elle ne doit pas occulter la gravité des faits. « Cette situation ne doit pas masquer la gravité des violences commises lors de l’attaque, notamment les pertes en vies humaines, les enlèvements et les destructions enregistrées », souligne Protection Plus. Le bilan définitif de l’incursion reste à établir, mais les premiers éléments font état de plusieurs victimes et de dégâts matériels importants. La libération des otages, bien que positive, ne lève pas les inquiétudes quant à la capacité des forces de sécurité à protéger durablement les civils.
Appel à la poursuite des opérations de sécurisation
Protection Plus demande la poursuite des opérations de sécurisation dans la zone de Mambasa et exige des mesures urgentes pour empêcher toute nouvelle incursion. L’ONG insiste sur la nécessité d’un suivi humanitaire et psychologique des personnes libérées, souvent traumatisées par leur captivité. Elle réaffirme également la nécessité d’une réponse durable face au phénomène ADF, qui continue de menacer les populations civiles dans cette partie de l’Ituri. La zone de Mambasa demeure l’un des foyers d’insécurité liés aux ADF, malgré les opérations militaires en cours. Les enlèvements collectifs, comme celui de Makwangi, illustrent la vulnérabilité des villages isolés.
Une urgence sécuritaire persistante
John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur et défenseur des droits humains, a déclaré : « La libération de ces civils est un soulagement, mais la sécurité de la population reste une urgence absolue. » Cette déclaration souligne le contraste entre le soulagement immédiat et la précarité persistante dans la région. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les circonstances exactes de la libération, ni sur d’éventuelles négociations ou interventions. L’absence de détails officiels alimente les interrogations sur les mécanismes ayant permis cette issue, alors que la menace ADF continue de peser sur les communautés locales.
La libération des dix civils constitue un développement notable dans une zone marquée par des cycles de violence récurrents. Toutefois, les appels répétés des organisations de défense des droits humains à un renforcement de la sécurité et à une prise en charge des victimes rappellent que la situation reste critique. La réponse des autorités, tant sur le plan sécuritaire qu’humanitaire, sera déterminante pour prévenir de nouveaux drames dans le territoire de Mambasa.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
