La lutte contre l’épidémie d’Ebola en Ituri franchit une nouvelle étape avec l’installation de dispositifs d’hygiène à des points de passage stratégiques. Dimanche 7 juin, le Programme National d’Hygiène aux Frontières (PNHF) a déployé des kits de lavage des mains au pont Ituri, dit Bavonkutu, sur l’axe Bunia-Mambasa, et à l’entrée de Luna, à la limite entre l’Ituri et le Nord-Kivu. Cette opération, supervisée par le coordonnateur provincial du PNHF, le docteur Théophile Ponde, vise à renforcer la prévention face à la maladie à virus Ebola, alors que la province reste la plus touchée par la souche Bundibugyo.
Des points de contrôle pour freiner la propagation
Les deux sites choisis ne sont pas anodins. Le pont Ituri, communément appelé Bavonkutu, est un axe routier très fréquenté reliant Bunia au territoire de Mambasa. Luna, quant à elle, marque la frontière avec le Nord-Kivu, une province voisine également exposée. En installant des kits d’hygiène à ces endroits, le PNHF cible les mouvements de population, identifiés comme un facteur clé de transmission du virus. « L’objectif est de renforcer les mesures de prévention et de détecter rapidement tout risque de propagation de la maladie à virus Ebola à travers les mouvements de population entre les provinces », a expliqué le docteur Théophile Ponde. Concrètement, ces dispositifs permettent aux voyageurs de se laver les mains, un geste simple mais efficace pour réduire le risque de contamination.
Une épidémie encore active dans 17 zones de santé
L’Ituri fait face à une situation sanitaire préoccupante. Selon le dernier rapport des autorités sanitaires, 17 des 36 zones de santé que compte la province sont actuellement affectées par l’épidémie de la souche Bundibugyo. Ce chiffre illustre l’ampleur de la circulation du virus et justifie le renforcement des mesures de contrôle. La surveillance aux frontières et aux points de passage constitue l’un des piliers de la stratégie de riposte, aux côtés du dépistage précoce, de la sensibilisation communautaire et du suivi des contacts. En ciblant les lieux de transit, les autorités espèrent limiter l’introduction de nouveaux cas dans des zones encore épargnées.
Des gestes pratiques pour se protéger
Les kits installés comprennent des installations destinées au lavage des mains et à l’application des mesures d’hygiène recommandées. Pour les usagers, il s’agit d’un rappel concret : se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique peut interrompre la chaîne de transmission. Ces dispositifs ne remplacent pas les autres mesures, comme éviter les contacts avec des personnes malades ou signaler rapidement tout symptôme suspect, mais ils offrent une barrière supplémentaire, notamment dans des zones où l’accès à l’eau courante est limité. Le PNHF mise sur la simplicité et l’accessibilité de ces gestes pour encourager leur adoption par le plus grand nombre.
Vers un maillage sanitaire renforcé
Avec l’intensification des déplacements entre l’Ituri, le Nord-Kivu et d’autres provinces de l’Est, les autorités entendent multiplier ces points de contrôle. L’installation de kits à Bavonkutu et Luna pourrait n’être qu’une première étape. Le docteur Théophile Ponde a souligné l’importance de la surveillance sanitaire aux points de passage à forte fréquentation, laissant entendre que d’autres sites pourraient être équipés prochainement. Cette approche progressive vise à créer un maillage de prévention capable de détecter rapidement tout risque de propagation, tout en rappelant aux populations que la vigilance reste de mise. En attendant, les voyageurs sont invités à utiliser ces dispositifs et à respecter les consignes sanitaires pour protéger leur santé et celle de leurs proches.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
