L’avertissement est tombé, net et sans détour. Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a publiquement mis en garde le chef de l’État Félix Tshisekedi contre toute tentative de révision constitutionnelle ou de prolongation de son pouvoir au-delà de 2028. Dans une déclaration qui résonne comme un rappel à l’ordre civique, le défenseur des droits humains a affirmé que le président congolais « n’aura pas un troisième mandat ni une nouvelle Constitution ». Une prise de position qui replace la question de l’alternance démocratique au cœur du débat public.
Un calendrier constitutionnel non négociable
Pour Jean-Claude Katende, l’horizon est clair : le mandat actuel de Félix Tshisekedi s’achève en 2028, et il devra alors quitter le pouvoir. « En 2028, il partira soit par la grande porte, soit par la petite. C’est à lui de faire le choix », a-t-il déclaré, laissant planer l’idée d’une sortie honorable ou d’un départ contraint. Cette formule souligne l’absence d’alternative légale à ses yeux : la Constitution en vigueur fixe les règles du jeu, et toute manœuvre visant à les modifier serait perçue comme une rupture du contrat démocratique.
Un débat récurrent aux lourdes implications
Cette sortie intervient dans un climat politique marqué par des discussions récurrentes autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. L’hypothèse d’une révision, souvent évoquée par des soutiens du pouvoir, suscite de vives réactions au sein de l’opposition et de la société civile. Pour ces acteurs, toucher à la loi fondamentale, en particulier aux dispositions limitant le nombre de mandats présidentiels, représenterait un recul démocratique majeur. Jean-Claude Katende s’inscrit dans cette ligne de fermeté, en liant directement le respect de la Constitution à la stabilité politique du pays.
La stabilité nationale comme enjeu central
En posant le respect de l’alternance comme une condition essentielle de la stabilité, le président de l’ASADHO déplace le débat du terrain juridique à celui des conséquences sociales. Derrière la question constitutionnelle, c’est la paix civile qui est en jeu. L’histoire récente de la RDC a montré combien les tensions autour du pouvoir peuvent dégénérer en crises profondes. L’avertissement de Jean-Claude Katende peut ainsi se lire comme un appel à éviter un scénario aux issues imprévisibles, où les citoyens seraient les premiers exposés.
En rappelant que le chef de l’État devra partir en 2028, le défenseur des droits humains fixe un cap et met la pression sur la présidence. Reste à savoir si cette mise en garde influencera les calculs politiques en cours ou si elle restera une voix parmi d’autres dans un débat qui ne fait que commencer.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
