Un corps sans vie a été découvert ce samedi matin à proximité immédiate de la clôture de l’orphelinat Saint Kizito, dans le quartier Mudzi-Maria à Bunia. La prise en charge de la dépouille par l’équipe d’enterrement sécurisé (EDS) n’a pu intervenir qu’en début de soirée, vers 18 heures, en raison d’une tension locale qui a fait craindre aux agents d’être pris à partie par des habitants hostiles. Ce retard illustre les difficultés opérationnelles auxquelles font face les intervenants sanitaires dans un contexte où la sensibilité autour des décès reste forte, en lien avec la surveillance de la maladie à virus Ebola.
Une intervention retardée par la crainte de réactions hostiles
Selon des témoignages recueillis sur place, l’équipe d’enterrement sécurisé a dû patienter plusieurs heures avant de pouvoir accéder au site. La population locale, dans un climat marqué par la peur et la méfiance, aurait manifesté une hostilité qui a contraint les agents à la prudence. Ce type de situation n’est pas rare lors des opérations de riposte sanitaire : la crainte de la stigmatisation ou de mesures perçues comme intrusives peut générer des tensions, compliquant le travail essentiel des équipes chargées d’éviter la propagation du virus. Finalement, la dépouille a été prise en charge et inhumée selon les procédures d’enterrement sécurisé, sous l’encadrement des services compétents.
L’orphelinat Saint Kizito face à l’inquiétude et à la vulnérabilité
La responsable de l’orphelinat Saint Kizito a exprimé sa vive préoccupation après la découverte du corps à quelques mètres de l’établissement. Elle a souligné la vulnérabilité particulière des enfants accueillis dans la structure, pour qui un tel événement crée un climat de peur et de confusion. « Nous sommes très inquiets parce que les enfants ici sont déjà vulnérables. Voir un corps abandonné tout près de notre clôture crée de la peur et de la confusion. Nous ne connaissons pas l’identité de la personne ni les causes du décès. Nous demandons aux autorités de renforcer la sécurité et la prise en charge rapide de ce genre de situation », a-t-elle déclaré. Cette réaction met en lumière l’impact psychologique et sécuritaire que peuvent avoir de tels incidents sur les institutions accueillant des populations fragiles.
Une communauté en alerte face aux risques sanitaires
Du côté des habitants du quartier Mudzi-Maria, la tension reste palpable. Une riveraine a confié son appréhension et a appelé à la prudence, en insistant sur la nécessité de ne pas cacher les malades et de les orienter rapidement vers les structures de santé, surtout lorsqu’il s’agit de personnes âgées. « Cette situation nous fait peur. Nous demandons à chacun de se protéger, de ne pas cacher les malades et de les accompagner dans les structures de santé, surtout les personnes âgées. Il faut éviter que des cas similaires créent encore plus de panique dans la communauté », a-t-elle expliqué. Ces propos rappellent l’importance de la collaboration communautaire dans la prévention et la riposte contre Ebola, où la détection précoce et la transparence sont des piliers pour limiter la propagation du virus.
L’importance des procédures d’enterrement sécurisé
En cette période de surveillance renforcée liée à la riposte contre la maladie à virus Ebola, les services sanitaires insistent sur le respect strict des procédures d’enterrement sécurisé. Ces mesures visent à réduire le risque de transmission du virus, qui reste présent dans les fluides corporels après le décès. Le retard observé à Bunia montre combien la mise en œuvre de ces protocoles peut être entravée par des facteurs sociaux et sécuritaires. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances exactes du décès ni sur une éventuelle enquête médico-légale, laissant la communauté dans l’attente d’informations précises. En attendant, les professionnels de santé rappellent que la prise en charge rapide des cas suspects et la coopération des populations sont essentielles pour éviter à la fois les risques sanitaires et les tensions communautaires.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
