La province du Nord-Ubangi fait face à une situation préoccupante : la consommation de Tramadol, un antalgique puissant, a atteint des niveaux jugés incontrôlés. Pour y répondre, le gouverneur Jean Bosco Kotongo a signé, le 4 juin 2026, un arrêté provincial interdisant la circulation et la vente illicite de ce stupéfiant sur l’ensemble du territoire. Cette décision vise à protéger la santé publique et l’ordre social, mis à mal par l’accessibilité de cette substance en dehors de tout cadre médical.
Un antalgique détourné de son usage médical
Le Tramadol est un médicament normalement prescrit pour soulager des douleurs modérées à sévères. Mais dans le Nord-Ubangi, il est devenu un produit de consommation courante, accessible sans ordonnance. L’arrêté du gouverneur constate une « consommation abusive et incontrôlée » de cette substance, ce qui signifie qu’elle est utilisée à des fins non thérapeutiques, souvent pour ses effets psychoactifs. Ce détournement expose les consommateurs à des risques graves : dépendance, troubles neurologiques, ou encore surdoses. La vente ambulante et la commercialisation non autorisée ont facilité cette diffusion, rendant le produit aussi banal qu’un article de rue.
Des mesures pour couper les circuits illégaux
L’arrêté provincial cible précisément les maillons de la chaîne illicite. Il interdit la vente ambulante, la commercialisation sans autorisation, le transport irrégulier et la détention à des fins commerciales de tout produit à base de Tramadol. Seuls les circuits pharmaceutiques légalement reconnus pourront continuer à distribuer ce médicament, et uniquement sur prescription. Cette approche vise à assécher les sources d’approvisionnement informelles qui échappent à tout contrôle. En pratique, cela signifie que les vendeurs de rue, les dépôts clandestins et les transporteurs non agréés sont désormais dans le viseur des autorités.
Le rôle clé du ministère provincial de la Santé
Pour que ces mesures ne restent pas lettre morte, le gouverneur a chargé le ministre provincial de la Santé de veiller à leur application stricte. Ce dernier devra coordonner les actions de contrôle, sensibiliser les populations et sanctionner les contrevenants. Les sanctions prévues par la législation en vigueur s’appliqueront à toute personne prise en infraction. Cette responsabilisation d’un acteur institutionnel est essentielle : elle permet de centraliser les efforts et d’assurer un suivi cohérent sur l’ensemble de la province. Les citoyens sont aussi concernés, car leur coopération sera déterminante pour signaler les cas suspects.
Un enjeu de santé publique et de stabilité sociale
Au-delà de l’aspect répressif, cet arrêté met en lumière un problème de santé publique majeur. La consommation abusive de Tramadol n’est pas sans conséquences sur la vie quotidienne : elle peut entraîner des troubles du comportement, une désinsertion sociale et une augmentation de la délinquance. En s’attaquant à la disponibilité du produit, les autorités espèrent réduire ces effets domino. Pour les ménages, cela signifie moins de risques de voir un proche sombrer dans la dépendance. Pour les institutions, c’est un pas vers la restauration de l’ordre social. L’efficacité de cette mesure dépendra toutefois de la rigueur avec laquelle elle sera appliquée sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
