Le parti Action pour la Rupture et le Développement (ARDEV) traverse une crise interne majeure. Réunis à Lubumbashi ce jeudi 4 juin 2026, les membres du Bureau politique national et plusieurs hauts cadres ont officiellement retiré leur confiance au président national, Jacques Kyabula Katwe. Cette décision, annoncée dans une déclaration publique, marque un tournant pour cette formation politique alliée de la majorité présidentielle. L’ARDEV, qui compte une dizaine de députés provinciaux et un sénateur, voit ainsi son avenir institutionnel et son poids politique dans le Haut-Katanga directement menacés.
Une gestion jugée autocratique et opaque
Les cadres frondeurs reprochent à Jacques Kyabula une conduite qu’ils qualifient d’« autocratique », « opaque » et contraire aux textes fondateurs du parti. Selon la déclaration, ses décisions unilatérales auraient fragilisé l’organisation. Les signataires dénoncent une violation intentionnelle des statuts, une gestion « unipersonnelle » des affaires et un manque de transparence dans la prise de décisions. Ces pratiques auraient plongé le parti dans une crise profonde menaçant son existence même. Concrètement, cette gestion centralisée empêche les instances locales de fonctionner normalement et décourage les militants, ce qui affaiblit la capacité du parti à mobiliser sur le terrain.
Des relations détériorées avec l’Union Sacrée
Au-delà des tensions internes, les cadres de l’ARDEV pointent une dégradation des rapports avec les institutions de l’Union Sacrée de la Nation, la plateforme soutenant le président Félix-Antoine Tshisekedi. Ils évoquent notamment un « manque de respect au Secrétaire permanent de la plateforme présidentielle » et un abandon de l’encadrement des militants sur le terrain. Ces griefs illustrent un isolement croissant du parti au sein de la coalition au pouvoir. Pour un parti allié, cette situation réduit son influence dans les arbitrages politiques et pourrait compromettre l’accès à des ressources ou à des postes pour ses cadres, avec des répercussions directes sur sa capacité à défendre les intérêts de ses électeurs.
Un contexte de vide à la tête du parti
Cette fronde intervient peu après la démission de Jacques Kyabula de son poste de gouverneur du Haut-Katanga. Rappelé à Kinshasa depuis près de dix mois par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, suite à des propos controversés, il est empêché d’assurer pleinement la direction du parti, selon les contestataires. Cet éloignement géographique et politique crée un vide décisionnel qui paralyse l’ARDEV. Les élus provinciaux et le sénateur du parti se retrouvent sans leadership clair, ce qui complique leur travail parlementaire et leur capacité à peser dans les débats locaux. La crise menace ainsi la représentation effective des populations qui ont voté pour ce parti.
Un comité de crise pour restructurer le parti
Face à cette situation, le Bureau politique national annonce la mise en place d’un comité de crise chargé de conduire une restructuration de l’organisation. Les cadres affirment agir pour préserver la cohésion interne et l’avenir du parti. Ils réaffirment leur loyauté envers le chef de l’État et appellent les militants à la mobilisation générale pour « sauver le parti » et maintenir son ancrage dans la majorité présidentielle. Cette démarche vise à éviter un éclatement qui pourrait affaiblir le camp présidentiel dans le Haut-Katanga. Si la restructuration réussit, elle pourrait redonner une voix au parti dans les instances de l’Union Sacrée et restaurer la confiance des militants. Dans le cas contraire, l’ARDEV risque de perdre son statut d’allié influent, avec des conséquences sur les équilibres politiques et économiques de la province.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: Actualite.cd, actu30.cd
