Au moins 80 personnes sont décédées du choléra entre janvier et mai 2026 dans la province du Sud-Kivu, selon un rapport de la Division provinciale de la santé (DPS) publié le 2 juin 2026. Le cumul des cas suspects s’élève à 6 494, avec un taux de létalité de 1,2 %. Ces chiffres montrent que, bien que la maladie reste grave, la majorité des patients survivent lorsqu’ils sont pris en charge.
Comprendre le choléra et son mode de transmission
Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Il se manifeste par des diarrhées sévères et une déshydratation rapide, pouvant entraîner la mort en quelques heures sans traitement. La transmission est favorisée par le manque d’accès à l’eau potable, l’absence d’assainissement et les mauvaises conditions d’hygiène. Dans le Sud-Kivu, 23 des 34 zones de santé sont déjà touchées, ce qui indique une circulation active de la bactérie dans la province.
Une concentration des cas dans cinq zones de santé
La DPS précise que 65 % des cas sont concentrés dans cinq zones de santé : Fizi, Ibanda, Ruzizi, Uvira et Itombwe. Cette concentration géographique suggère que des facteurs locaux, comme l’accès limité à l’eau potable ou des infrastructures sanitaires insuffisantes, pourraient favoriser la propagation. Au cours de la 22ᵉ semaine épidémiologique, 193 nouveaux cas ont été enregistrés sans aucun décès, ce qui montre que la riposte peut être efficace lorsque les moyens sont disponibles.
Des décès évitables dans la communauté
Sur les 80 décès recensés, 47 sont survenus dans la communauté, contre 33 dans des structures de santé. Ce constat souligne l’importance de l’accès rapide aux soins : le choléra se traite principalement par réhydratation orale ou intraveineuse, et un traitement précoce réduit considérablement le risque de décès. La DPS note que « la réponse communautaire demeure insuffisante dans certaines zones pour interrompre la chaîne de transmission », ce qui peut expliquer pourquoi des malades n’atteignent pas les centres de santé à temps.
Des défis logistiques et une tendance à la hausse
La riposte fait face à des défis matériels : « Il existe un risque de rupture des intrants destinés à la prise en charge des cas dans la province », indique le rapport. Cela inclut les sels de réhydratation orale, les solutés intraveineux et les kits d’hygiène, essentiels pour traiter les patients et prévenir de nouvelles infections. Comparé aux années précédentes, le nombre de cas est en forte augmentation : 3 668 cas en 2024, 13 027 en 2025, et déjà 6 494 pour les cinq premiers mois de 2026. Cette tendance, couplée à la résurgence d’autres épidémies comme la maladie à virus Ebola, met à rude épreuve le système de santé provincial.
Pour les habitants du Sud-Kivu, les gestes pratiques restent la première barrière : se laver les mains avec du savon, boire de l’eau traitée, bien cuire les aliments et consulter immédiatement en cas de diarrhée aiguë. La DPS continue de surveiller la situation et d’appeler au renforcement de la réponse communautaire pour briser la chaîne de transmission.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
