L’eau avait à peine fini d’engloutir les planches que les cris ont retenti, mêlés au fracas du bois. Mercredi 3 juin, aux premières heures de la matinée, le pont Hombo, unique trait d’union entre les rives de Walikale, s’est effondré, emportant avec lui le fragile équilibre d’une journée décisive pour des centaines d’écoliers. Trois enfants, happés par le courant, ont été secourus in extremis. Quelques heures plus tard, une passerelle de liane tressée par les mains de la communauté s’élevait au-dessus des eaux, sauvant l’essentiel : l’accès aux centres de passation de l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP).
Une mobilisation éclair pour sauver l’examen
L’effondrement est survenu vers 8 h 35, alors que les candidats s’apprêtaient à rejoindre leurs centres. Selon Bayomba Mishiki, coordonnateur de l’Association locale Groupe d’Action pour la Protection de l’Enfance (GAPE), le pont Hombo s’est écroulé brutalement, précipitant trois enfants dans l’eau. Tous ont été secourus et sont actuellement pris en charge dans des structures sanitaires de Hombo Nord et Hombo Sud. Face à l’urgence, les habitants ont improvisé un pont de secours en liane, permettant aux élèves de plus de dix écoles de traverser et de participer à l’ENAFEP. L’examen a ainsi pu être sauvé, mais l’ouvrage provisoire reste fragile et peu fiable.
Un appel pressant pour une solution durable
Si la solidarité locale a permis d’éviter le pire, l’inquiétude demeure. Bayomba Mishiki a lancé un appel aux personnes de bonne volonté pour une reconstruction rapide du pont. « Les élèves de sixième et d’humanités doivent passer respectivement l’ENAFEP, le TENASOSP et les examens d’État. Or, ils n’ont pas d’autre voie pour accéder à leurs centres d’examen », a-t-il souligné. Le pont Hombo constitue en effet l’unique passage pour relier les deux parties de la localité, et son absence menace la suite du calendrier scolaire. La passerelle de liane, bien que salvatrice, ne saurait résister aux intempéries ni supporter un trafic intense.
L’éducation suspendue à un fil de liane
À Walikale, l’image de ces enfants franchissant un ravin sur un entrelacs végétal dit la précarité des infrastructures éducatives en milieu rural. Chaque pas sur la liane est un pari sur l’avenir, un acte de foi dans la valeur des diplômes. Mais derrière le soulagement d’avoir sauvé l’ENAFEP, une question lancinante demeure : combien de temps encore faudra-t-il compter sur l’ingéniosité des villageois pour garantir le droit à l’éducation ? La réponse dépend désormais de la générosité et de la réactivité des acteurs sollicités.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
