La participation des filles à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) dans la province éducationnelle Kasaï-Central 1 a connu un recul notable en 2026. Selon les chiffres officiels, le nombre de candidates est passé de 32 850 à 30 568, soit une baisse de 7 % en l’espace d’une année. Ce repli, qui s’inscrit dans une légère diminution globale des effectifs, soulève des interrogations sur les dynamiques scolaires et sociales à l’œuvre dans cette partie du pays.
Un recul qui interroge la scolarisation des filles
Alors que l’ENAFEP constitue un rite de passage vers l’enseignement secondaire, la chute du nombre de filles candidates interpelle. La province éducationnelle Kasaï-Central 1 a enregistré une diminution de 2 282 filles par rapport à l’année précédente, un chiffre qui contraste avec la baisse globale de 413 candidats, tous sexes confondus. L’effectif total passe ainsi de 69 479 en 2025 à 69 066 en 2026. Cette disproportion suggère que les filles sont particulièrement touchées par les obstacles à la poursuite de leur scolarité.
L’appel à une mobilisation collective
Face à cette tendance, les organisations de défense des droits des femmes montent au créneau. Pauline Ngalula, coordonnatrice de l’ONG Agissons pour la femme, invite à unir les forces pour améliorer la participation des filles aux futures sessions. Son appel vise l’ensemble des acteurs : parents, autorités scolaires et pouvoirs publics. Il s’agit, selon elle, de créer un environnement favorable pour que les filles ne soient pas laissées pour compte dans la course aux certifications scolaires.
Des chiffres qui masquent des réalités complexes
L’inspecteur principal provincial intérimaire, Paulin Mbuyi, a confirmé la baisse des effectifs, tout en soulignant que les candidats sont répartis dans 235 centres à travers la province. Le lancement officiel de l’examen a eu lieu à l’EP Diakaja, en présence du ministre provincial de l’Éducation, Honoré Mutshipayi Balowe. Ce dernier a invité toutes les parties prenantes au respect des normes pour une meilleure organisation de la passation. Mais au-delà de l’appel à la rigueur administrative, c’est la question de l’accès équitable à l’éducation qui se pose avec acuité.
Quelles conséquences pour l’avenir des filles ?
La baisse du nombre de filles à l’ENAFEP n’est pas qu’une statistique : elle préfigure un rétrécissement des opportunités pour ces dernières dans le cycle secondaire et, à terme, dans la vie professionnelle. Dans une province où les défis socio-économiques restent prégnants, chaque fille écartée du système éducatif représente un potentiel inexploité. La mobilisation réclamée par les associations de défense des droits des femmes devra se traduire par des actions concrètes pour inverser la tendance, faute de quoi le fossé éducatif entre les sexes pourrait se creuser davantage.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
