Le président Félix Tshisekedi a reçu jeudi 23 juillet 2026 le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juan Ted Beleshayi, pour une audience à la présidence. Une rencontre qui dépasse le simple échange protocolaire : elle révèle une volonté politique de faire de la sous-traitance un levier économique pour les Congolais, trop souvent marginalisés par des pratiques d’entreprises peu scrupuleuses.
Une mission sous le signe de la fermeté
À sa sortie d’audience, le nouveau patron de l’ARSP a livré un message sans équivoque. « Le président m’a dit d’être ferme parce que les gens sont mal habitués, les sociétés principales sont mal habituées à rouler les Congolais, à contourner la loi », a-t-il déclaré. Cette consigne présidentielle place la lutte contre le contournement de la loi au cœur de son mandat. Pour Juan Ted Beleshayi, l’intransigeance devient un devoir : « Sur ce point, je dois être vraiment intransigeant pour que, cette fois-ci, la loi sur la sous-traitance soit un vrai levier pour la promotion d’une vraie classe des entrepreneurs congolais. »
Un régulateur face aux habitudes du secteur
L’ARSP est chargée de faire respecter les dispositions légales qui réservent une part des marchés des grandes entreprises aux sociétés à capitaux congolais. Mais sur le terrain, les contournements sont monnaie courante : prête-noms, sous-traitance fictive ou pression sur les petits entrepreneurs. En appelant à la fermeté, le chef de l’État reconnaît implicitement l’échec des approches précédentes et la nécessité d’un sursaut régulateur. La question est désormais de savoir comment cette volonté politique se traduira en actes concrets.
Une feuille de route attendue pour briser l’inertie
Conscient des attentes, Juan Ted Beleshayi a annoncé qu’il présenterait dans les tout prochains jours une feuille de route, après un état des lieux général de l’établissement public. Ce document sera scruté par les opérateurs économiques et la société civile, qui espèrent y trouver des mesures précises : contrôle renforcé, sanctions dissuasives, accompagnement des entrepreneurs locaux. L’enjeu est de taille : transformer une administration souvent perçue comme passive en un véritable outil de promotion économique.
Kinshasa, épicentre d’une bataille économique
À Kinshasa, où se concentrent les sièges des grandes entreprises et les marchés les plus juteux, l’impact d’une régulation efficace serait immédiat. Des milliers de petits entrepreneurs pourraient enfin accéder à des contrats jusqu’ici verrouillés. Mais la route est semée d’embûches : résistances des multinationales, faiblesse des capacités locales, risque de corruption. Le nouveau directeur général devra naviguer entre ces écueils avec le soutien affiché de la présidence, mais aussi avec la pression d’une population qui attend des résultats tangibles.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
