Le gouvernement central a procédé à la liquidation des arriérés de paiement dus aux intervenants des épreuves certificatives nationales de l’année 2025 dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’annonce a été faite mardi 2 mai par Luc Gbawez, directeur de la province éducationnelle Nord-Kivu 1, en mission à Kinshasa, sur les ondes de Radio Okapi. Une décision qui soulève autant d’espoirs que d’interrogations sur la régularité des engagements de l’État envers les acteurs éducatifs des zones sinistrées.
Un apurement attendu depuis l’année dernière
Selon les précisions apportées par Luc Gbawez, le paiement des prestations de l’année 2024 n’avait été effectué qu’à hauteur de 49 %. Le gouvernement vient de solder les 51 % restants, permettant ainsi aux prestataires de recevoir l’intégralité de leur dû. Ce rattrapage concerne les intervenants aux examens de l’année précédente, une régularisation qui intervient alors que les préparatifs des épreuves de 2025 sont déjà bien avancés.
Une prise en charge intégrale par l’État pour les provinces sinistrées
Le directeur provincial a tenu à rappeler le contexte particulier de ces provinces, marquées par des crises humanitaires et sécuritaires. « Cela fait maintenant trois années consécutives que les provinces déjà fortement sinistrées ne doivent plus débourser un seul franc pour la prise en charge des évaluations certificatives nationales, puisque les parents sont démunis. L’État est venu à la rescousse de la communauté sinistrée pour permettre à ses enfants de passer les évaluations certificatives nationales dans les mêmes conditions que leurs condisciples des autres provinces », a-t-il déclaré. Une politique de gratuité qui vise à garantir l’égalité des chances pour les élèves de ces régions fragilisées.
Des syndicats dans l’expectative
Sur le terrain, l’annonce de ces paiements n’a pas encore atteint les principaux concernés. Les syndicats d’enseignants affirment ne pas avoir été informés de ces versements. L’un d’eux rappelle que l’année dernière, seule une prime sur quatre avait été effectivement perçue, jetant le doute sur la réalité des montants annoncés. Malgré ces incertitudes, les enseignants disent accepter de superviser les examens par patriotisme, tout en espérant que le gouvernement respectera ses engagements dans un délai raisonnable.
Un test pour la crédibilité de l’État
La situation met en lumière le décalage persistant entre les annonces officielles et la perception des acteurs de terrain. Si la liquidation des arriérés est confirmée, elle pourrait renforcer la confiance dans la capacité de l’État à soutenir l’éducation en temps de crise. À l’inverse, tout retard ou non-paiement risquerait d’alimenter la défiance et de fragiliser l’organisation des épreuves à venir. Pour les milliers d’élèves de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu, l’enjeu est de taille : pouvoir passer leurs examens dans des conditions dignes, sans que le fardeau financier ne repose sur des familles déjà éprouvées.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
