À quatorze ans, Chloé-Marie Kitenge publie son premier livre, Éclosion, aux Éditions Mesdames. Le recueil de trois nouvelles a été présenté lors d’un vernissage au ministère de la Culture, Arts et Patrimoine à Kinshasa. L’ouvrage, salué pour sa maturité narrative, explore les préjugés sociaux et les apparences trompeuses.
Un recueil structuré autour de la chute
L’éditeur Jonathan Elenga a souligné la construction narrative de l’auteure. « Ces trois nouvelles constituent une œuvre riche en surprises et en enseignements moraux. Au bout de chaque lecture, le lecteur est surpris par la chute imprévisible de l’histoire et par la structure fascinante de la narration », a-t-il déclaré. Selon lui, Chloé-Marie Kitenge maîtrise l’art de retenir l’attention jusqu’aux dernières lignes. « Elle a la capacité de pouvoir retenir l’attention du lecteur et de dévoiler les clés de l’histoire à la fin. Parfois c’est la dernière ligne, parfois le dernier paragraphe. C’est un coup de génie pour une auteure qui n’a pas encore atteint la majorité », a-t-il ajouté.
Des thèmes ancrés dans le réel social
Le recueil s’ouvre sur Le Mendiant, qui interroge la dignité humaine au-delà des apparences. « Le message que je veux faire passer, c’est que les apparences sont souvent trompeuses. Vous ne devez pas vous fier aux apparences ; vous devez connaître la personne un peu plus », explique la jeune écrivaine. La deuxième nouvelle, Ndjuli, met en lumière la place de la femme dans la société, tandis que Lettre aborde la responsabilité individuelle des hommes face à certaines situations familiales. Pour l’éditeur, l’œuvre exploite des thèmes interpellateurs et met souvent la femme au premier plan pour montrer sa résilience et ses capacités ignorées.
Un parcours précoce et un accompagnement familial
Chloé-Marie Kitenge n’en est pas à son premier fait d’armes littéraire. En 2022, à dix ans, elle remportait le Prix littéraire Zamenga dans la catégorie scolaire. Elle reconnaît le rôle de son père, Patrick Kitenge, poète et avocat, dans la conception de certaines histoires. « Mon père m’a beaucoup aidée dans mes livres, surtout dans Ndjuli. J’avais seulement dix ans lorsque j’ai commencé à écrire cette histoire et je n’avais pas encore toutes les qualités d’un écrivain professionnel. Il a apporté certains détails à l’intrigue. L’idée de la sorcellerie, par exemple, est venue de lui », confie-t-elle. Cette collaboration n’entame pas sa démarche personnelle, l’auteure poursuivant aujourd’hui son apprentissage avec plus d’autonomie.
Des ambitions littéraires et professionnelles affirmées
Si la nouvelle reste son genre de prédilection, Chloé-Marie Kitenge envisage d’écrire un roman. « Je suis en train de m’entraîner pour voir comment je pourrais écrire un roman. Je lis beaucoup de romans et je me suis dit que je pourrais moi aussi en écrire un. Pour l’instant, la nouvelle reste un exercice plus facile pour moi », indique-t-elle. Elle se projette également dans une carrière de journaliste, tout en continuant à écrire des livres. Le vernissage a réuni plusieurs acteurs culturels, avec une modération de Le Marc Bamenga, une prestation artistique de Benjamin Masiya et une lecture publique par Sandra Busanga. L’ouvrage était présidé par l’écrivaine Missy Bangala.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
