Deux semaines après l’alerte officielle, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni lundi 1er juin 2026 les ambassadeurs et les partenaires internationaux pour faire le point sur la riposte contre la maladie à virus Ebola qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo. L’objectif affiché : structurer la réponse et rassurer des pays tentés par des restrictions à l’égard des voyageurs congolais.
Un plan de riposte doté de 50 millions de dollars
Le gouvernement congolais a annoncé une mobilisation financière conséquente. Après avoir débloqué une première tranche de 20 millions de dollars, une somme supplémentaire de 30 millions sera injectée cette semaine. Ce portefeuille de 50 millions de dollars sert à démontrer, selon le porte-parole Patrick Muyaya, que « le gouvernement assure pleinement le leadership de la riposte ». Il a rappelé que le directeur général de l’OMS lui-même a souligné que la conduite de la réponse revient en premier lieu aux autorités nationales, les organisations internationales venant en appui.
Des mesures de santé publique en l’absence de vaccin
Contrairement à la COVID-19, cette souche rare du virus Ebola n’est pas couverte par un vaccin homologué ni par un traitement spécifique. Pourtant, Kinshasa martèle qu’une guérison reste possible. Déjà une douzaine de personnes sont sorties de l’hôpital. L’accent est donc mis sur les mesures de santé publique, notamment la stratégie de communication communautaire. « C’est le point de départ de notre action », a précisé le porte-parole, ajoutant que le pays dispose de tous les équipements de protection et de dépistage nécessaires. L’information fiable auprès des partenaires vise à éviter que des gouvernements étrangers n’imposent des interdictions de séjour ou des restrictions de voyage injustifiées.
Un risque d’extension, même à Kinshasa
Interrogé sur la possibilité que l’épidémie atteigne la capitale, Patrick Muyaya n’a pas écarté ce scénario. Un dispositif spécifique est d’ores et déjà prêt à l’hôpital du Cinquantenaire, où le ministre de la Santé a indiqué que des lits et des protocoles sont aménagés pour une prise en charge immédiate. Le gouvernement entend ainsi tirer parti de son « expérience et expertise » dans la lutte contre les fièvres hémorragiques, après avoir affronté seize épidémies d’Ebola par le passé.
Un contexte régional fragile
Cette dix-septième épidémie se développe dans une zone déjà éprouvée par l’insécurité alimentaire qui touche plus de 26 millions de personnes. Les déplacements de population, la malnutrition et la faiblesse des services de santé aggravent la vulnérabilité face au virus. La région subit par ailleurs l’activisme de groupes armés et les combats entre les forces gouvernementales et la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Les initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis et le Qatar restent pour l’heure au point mort. Dans ce contexte, la capacité du gouvernement à maintenir la confiance de ses partenaires étrangers tout en protégeant sa population constitue un enjeu doublement critique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
