La cité de Kibirizi, dans la chefferie de Bwito en territoire de Rutshuru, fait face depuis près de trois mois à une pénurie d’eau potable qui expose ses habitants à des risques sanitaires graves. Pour répondre à cette urgence, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a remis, le jeudi 30 juillet 2026, un lot de matériel technique au Comité local d’adduction d’eau. Ce don vise à réparer rapidement le réseau défaillant et à freiner la propagation des maladies hydriques, alors que les premiers cas de choléra viennent d’être confirmés dans la zone.
Un réseau d’eau à l’arrêt depuis mai 2026
Depuis le mois de mai 2026, les bornes-fontaines installées par l’organisation Mercy Corps ne fonctionnent plus. La cause : une tuyauterie vieillissante et l’assèchement progressif de plusieurs sources qui alimentaient la cité. Pour les ménages, cette panne signifie des heures de marche pour trouver de l’eau, souvent puisée dans des points non protégés, ce qui augmente le risque de contamination.
Face aux alertes répétées du comité local, MSF a fourni un appui matériel d’urgence. Le lot comprend 22 rouleaux de tuyaux de 100 mètres chacun, ainsi que 24 raccords à compression et un raccord réducteur. Ces équipements doivent permettre de remplacer les sections endommagées et de rétablir la distribution d’eau potable dans les plus brefs délais.
Le choléra, une menace immédiate pour la population
L’intervention de MSF survient alors que la zone de santé de Kibirizi enregistre ses premiers cas de choléra. Le docteur Lambert Balikwisha, médecin-chef de la zone, a confirmé l’apparition d’au moins trois cas à l’Hôpital général de référence de Kibirizi. Il a souligné l’importance de ce don pour la communauté et les structures de soins : « Cet appui bénéficiera à la population ainsi qu’aux structures de santé, dans un contexte marqué notamment par l’apparition d’au moins trois cas de choléra à l’Hôpital général de référence de Kibirizi. »
Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Sans accès à une eau salubre, les habitants sont directement exposés à cette maladie qui peut se propager rapidement et entraîner des décès en quelques heures si elle n’est pas traitée. La remise en service du réseau d’eau potable est donc une mesure essentielle pour couper la chaîne de transmission.
Un appui logistique pour sécuriser l’accès à l’eau
Grâce au matériel fourni par MSF, les équipes locales peuvent désormais engager les réparations nécessaires. Les canalisations et les raccords vont servir à rétablir les conduites principales et à reconnecter les bornes-fontaines. L’objectif est de garantir un approvisionnement régulier en eau traitée, aussi bien pour les ménages que pour les centres de santé qui ont besoin d’eau propre pour les soins et l’hygiène.
Ce type d’intervention illustre le rôle crucial des organisations humanitaires dans les zones où les infrastructures de base sont défaillantes. En fournissant des équipements techniques plutôt qu’une simple distribution d’eau, MSF mise sur une solution durable qui redonne aux communautés la maîtrise de leur accès à l’eau. Le comité local, désormais outillé, peut ainsi assurer la maintenance et prévenir de nouvelles pannes.
La situation à Kibirizi rappelle que l’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions de la République démocratique du Congo. Les maladies hydriques, comme le choléra, prospèrent là où les réseaux sont défaillants et où les populations n’ont d’autre choix que de consommer une eau insalubre. L’appui de MSF arrive donc à un moment critique pour éviter une crise sanitaire de plus grande ampleur.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
