Alors qu’une nouvelle épidémie du virus Ebola frappe l’Est de la République démocratique du Congo, le sénateur Jean Bamanisa Saidi vient de lancer un appel pressant. Lundi 1er juin, il a exhorté les autorités congolaises et les partenaires sanitaires à miser sur des solutions durables pour enrayer la propagation de la maladie. Cette prise de parole intervient dans un contexte où la souche Bundibugyo, plus rare mais tout aussi dangereuse, menace les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ancien gouverneur de l’Ituri, M. Bamanisa connaît bien les défis de cette région en proie à l’insécurité et aux déplacements fréquents de populations. Ces mouvements rendent la réponse sanitaire particulièrement complexe, car le virus peut se propager rapidement le long des axes de circulation. Pour lui, il ne s’agit plus seulement de réagir dans l’urgence, mais de bâtir des fondations solides pour affronter ce type de crise.
Mais qu’est-ce que la souche Bundibugyo ? Il s’agit d’une variante du virus Ebola, identifiée pour la première fois en Ouganda. Comme les autres souches, elle se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou d’un animal porteur. Les symptômes incluent fièvre, vomissements, diarrhée et, dans les cas graves, des saignements. Le sénateur insiste sur l’importance de détecter rapidement les cas suspects et d’isoler les malades pour casser les chaînes de transmission.
Jean Bamanisa a détaillé plusieurs mesures concrètes. Il appelle à la construction de centres de traitement permanents, qui ne seraient pas démontés une fois les épidémies terminées. « Disposer d’infrastructures fixes permet de gagner un temps précieux lors des prochaines flambées », explique-t-il. Il recommande également la constitution de stocks permanents de médicaments, de tests de dépistage et d’équipements de protection individuelle (EPI) tels que gants et combinaisons. Ces réserves stratégiques éviteraient les ruptures et les retards fatals.
Le sénateur insiste aussi sur le renforcement des capacités opérationnelles des équipes de riposte. Pour lui, la surveillance épidémiologique doit être continue, avec un suivi rigoureux des contacts des malades. Il encourage les autorités à intensifier les campagnes de sensibilisation communautaire, en impliquant les chefs locaux, les leaders religieux et les associations de femmes. « La participation de la population est la clé du succès », martèle-t-il, rappelant que la méfiance a déjà coûté des vies par le passé.
Justement, l’élu de la Tshopo n’oublie pas les drames vécus lors des précédentes épidémies en Ituri. Des actes de défiance avaient conduit à des attaques contre les centres de santé et le personnel soignant, entravant gravement la riposte. Aujourd’hui, il appelle les habitants à collaborer étroitement avec les médecins et à signaler sans délai toute personne présentant des symptômes suspects.
Pratiquement, comment se protéger ? Le sénateur répète les gestes barrières : éviter tout contact avec des animaux sauvages malades ou retrouvés morts, surtout les chauves-souris et les primates. Il faut aussi respecter scrupuleusement les consignes des autorités sanitaires, comme le lavage fréquent des mains et la limitation des rassemblements. En cas de deuil, les contacts avec le corps du défunt doivent être strictement encadrés.
Enfin, Jean Bamanisa en appelle à une mobilisation rapide des ressources financières. Les bailleurs internationaux, les agences onusiennes et les gouvernements doivent débloquer les fonds nécessaires sans bureaucratie excessive. Selon lui, une action concertée et solidaire permettra de contenir cette menace et de protéger durablement les millions d’habitants de l’Est du pays.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
