Les populations du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, ont été réveillées en pleine nuit par le fracas des armes. Depuis la nuit de vendredi à ce samedi, de violents affrontements opposent les rebelles de l’AFC/M23 aux combattants wazalendo sur l’axe Loashi-Burora. L’attaque, déclenchée par les miliciens wazalendo vers 22 heures, a immédiatement plongé la région dans une psychose généralisée.
Des détonations d’armes lourdes et légères n’ont cessé de retentir, rendant la nuit infernale pour les civils. Les combats, d’une intensité rare, ont provoqué une paralysie totale du trafic entre Masisi centre et Nyabiondo. Aucun véhicule ne circule plus sur cet axe vital, coupant les échanges économiques et humanitaires. L’insécurité a atteint son paroxysme.
Face à la violence armée, un mouvement de panique s’est emparé des villages environnants. À Bukombo et Kisima, des centaines d’habitants fuient les combats qui secouent Masisi depuis mai, cherchant refuge vers Nyabiondo. Des familles entières, chargées de baluchons, marchent sur des pistes boueuses, sous la menace des balles perdues. Les déplacements civils s’intensifient, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante.
Ce samedi matin, les affrontements se poursuivaient avec la même fureur. La situation demeure confuse sur le terrain, les communications étant perturbées. Les wazalendo et les rebelles du M23 se disputent le contrôle de cette zone stratégique, riche en minerais. Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais les craintes de pertes civiles sont grandes. Les combats de mai à Masisi pourraient s’inscrire dans une escalade durable.
Ces nouveaux affrontements M23 Masisi confirment la fragilité de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu. Le territoire de Masisi est devenu un foyer de tensions où groupes armés et forces d’autodéfense se livrent une guerre sans merci. Les populations civiles en sont les premières victimes, exposées aux exactions, aux déplacements forcés et à une précarité extrême. Les organisations locales alertent sur des conditions de vie insoutenables.
Combien de temps encore les habitants de Masisi devront-ils subir cette litanie de violences ? Les déplacements civils récurrents vident des villages entiers, transformant des familles en éternels errants. Aucune solution politique ne semble poindre à l’horizon. La communauté internationale observe, mais les actes tardent. La violence armée continue de rythmer le quotidien de ces populations oubliées.
En attendant, la peur règne sur l’axe Loashi-Burora. Le bilan de ces combats reste inconnu, mais l’impact psychologique se lit sur les visages des déplacés. La journée de samedi s’annonce encore sous le signe de l’incertitude. Les affrontements M23 Masisi ne sont que le dernier épisode d’un conflit qui n’en finit plus de consumer l’est de la RDC.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
